Ce qu'il faut pas entendre...

Dans la catégorie "je suis dans une lutte minoritaire, ça peut défendre n'importe quoi". 

J'en ai marre. Quand on lutte dans le combat pour les minorités, on ne choisit pas son camp. On ne "crée" pas de camp. 

Et que ce soit une lutte ne justifie pas que l'on violente les gens qu'on dit aimer. 

Et un discours avec la structure suivante :

  • "Je vais t'expliquer les choses gentiments, tu es <minorité>"
  • Je te violente
  • "Et voilà tu te vexes"
  • "Je dis ça parce que je t'aime tu sais"

je ne le tolèrerai jamais, même pas d'une personne que j'aime. 

Avec procès au faciès en plus. Cette personne, lectrice ici, qui me connait bien, sait que j'ai une approche très particulière de mon genre : je n'en ai pas. Je n'ai pas de genre, pas d'orientation sexuelle. Pour une foule de raisons. 

Pas cis-genre, a-genré fonctionnel. Un cisgenre il ne se retrouve pas en "rendez vous arrangé" avec l'homosexuel assumé alors qu'il pense aller à son premier rendez-vous amoureux avec la personne attendue normalement. Un cisgenre on ne lui dit pas spontanément qu'il est "une femme dans un corps d'homme". Et on me le dit rarement en face, en général je le subis plutôt.  

Je serais donc un homme (discutable), blanc (je l'admets), cisgenre (ce qui est, donc, faux). 

A ce titre, au faciès, on peut me dérouler à la gueule qu'il n'y a aucune raison de s'inquiéter pour moi, et que du coup je ne devrais pas me permettre des blagues du "combat minoritaire" (contexte : j'ai ironisé en disant que si on ne luttait pas maintenant contre l'islamophobie, il fallait se rappeler que l'Identité Française défendue par certaines personnalités de droite elle inclus la St Barthelemy).

Et on me balance ça à la gueule "parce qu'on m'aime" ? Et on me l'explique gentiment "parce que je suis malade" ?

Bien. Parlons en des malades. Si tu me lis, tu connais le sujet non ?

50 000 putain de morts par an en France à cause de l'erreur médicale. http://www.lemonde.fr/medecine/article/2016/05/04/morts-liees-aux-erreurs-medicales-des-donnees-peu-fiables_4913152_1650718.html

50 000 putain de morts qui intéressent à peine les médias. Qui ne suscitent aucun plan vigipirate, aucune remise en cause, aucun questionnement, même pas dans les franges les plus libertaires, féministes, ce que tu veux. 

On parle des morts hein. Pas des 8 ans d'errance en moyenne pour détecter une SPA ou des centres psychiatriques où l'on pratique la camisole et l'enfermement sans question . On parle pas de l'indignité du traitement réservé aux patients, diable, on a juste enfin réussi il y a deux trois ans à leur obtenir des tenues déambulatoire décentes à l'hopital. 

On n'explique pas à grand renfort de pleurs et de familles de victimes, de photos, la souffrance de ceux qui sont pris dans ce système. Et pire encore, dans ces conditions : ceux pour qui on ne trouve pas. Quand tu as une fibro et que tu es soignée pour un Cushing, ça peut être fatal si on ne t'attrape pas à temps. 

On va me dire, mais quel est le foutu rapport avec la lutte contre l'hétéro-patriarcat blanc d'influence "chrétienne française" ?

Rappellez moi, le stéréotype du docteur c'est quoi ? D'ailleurs, le mot "docteur", au féminin ? On parle de la représentativité minoritaire dans les organes décisionnels ?

A défaut de "mansplaining", tu te prends à la tronche la même chose, et avec exactement la même violence, condescendance, et refus complet de ta position et de tes arguments. 

Et puis alors, nos malades, on en a honte. On en parle pas.

Enfin, si, il y a des maladies qui font classe.

A une époque, être Asperger c'était Tip Top Tendance quand on était informaticien. Il y a les blagues sur la dépression. Je découvre qu'il y en a aussi sur la fibromylagie.

Ah, une que j'aime bien en ce moment : le Pervers Narcissique Manipulateur. On aime bien dire que n'importe qui est une PNM. Alors que bon, en réalité, il existe une réelle maladie derrière, et que comme beaucoup de maladies, le malade est nocif pour son entourage, mais souffre également énormément. Et les chances de guérison du Trouble de la Personnalité Narcissique (la vraie maladie) sont quasi nulles. Facile d'oublier que le coupable est aussi une victime. 

C'est un malade, après tout.

Bref, bref, bref.

Je suis un homme blanc cisgenre, et je ferme ma gueule, pour mon bien. Voila voila.

On va faire ça hein. Ou pas en fait.

Continuez à vous jeter tous des anathèmes à la gueule en vous drapant dans une dignité dans laquelle vous pensez être supérieurs à des takfiristes. 

Moi je vais continuer mon truc dans mon coin. Participer à tous les combats, et pas que les miens. Parce que si je ne justifie que mes combats, alors il sera trop tard pour demander de l'aide quand on viendra pour moi. 

Donc, au passage, ciao Twitter et ta haine en 140 caractères. 

Commentaires

1. Le mercredi, juin 15 2016, 11:17 par MonsieurK

On sent que ça sort des tripes, mais c'est un peu confus malgré les exemples. Je ne dis pas ça pour la dimension littéraire (j'ai bien conscience que ce n'est pas le but du billet ^^), mais ça rend les choses un peu compliquées à comprendre, surtout sur un sujet aussi délicat (d'autant qu'il est chez moi très présent, à cause des personnes de mon entourage, de mes expériences propres et de certaines pratiques qui me mènent à être au contact de ces questions sensibles).
Je vois qu'il y a deux autres notes, je vais vois si elles éclairent ce texte ; éventuellement, vu que ça peut rapidement mener à dévoiler des choses intimes et personnelles, je pense qu'on peut imaginer poursuivre dans une discussion privée :) ).