Dotclear, mon chez moi rien qu'à moi

A l'occasion des 10 ans de DotClear, voici un petit billet commémoratif de ma relation amoureuse à mon blog. Je t'aime blogounet chéri.

Et j'en profite pour des mercis : à Dieu (qui se reconnaitra), parce qu'au commencement était sa parole, et la parole était avec Dieu, et la parole était Dieu, à un ancien boulet de forum devenu héros, que je n'ai pas revu depuis trop longtemps, et à une femme talentueuse, qui a l'espace de quelques mois fait de l'apparence de ce blog quelque chose d'unique.

Et à tous mes lecteurs, causants ou silencieux :) Sauf les spambots. On a pas idée de faire des robots à partir de viande prédigérée.

Au commencement

Nous sommes quelque part au milieu des années 2000.

Je me rappelle voir émerger les "blogs", avec un regard en coin aussi critique que celui que j'ai toujours (à raison, semble-t-il après avoir expérimenté) porté sur Facebook.

J'ai clairement en tête les strips d'un webcomics que je lisais à l'époque, userfriendly.org, se moquant ouvertement de ces gens racontant leur vie à tout vent plutôt que la consigner bien sagement dans un journal intime.
Après "Loft Story", c'était un peu pour moi une nouvelle forme de voyeurisme/exhibitionnisme. Nota, je ne suis toujours pas confortable avec cette tendance, et a dire vrai, Facebook pour ne citer que lui, ça va un peu trop loin.

Oui mais...
Autour de 2004, pour payer mes études, je suis développeur Web, en Flash, technologie aujourd'hui sur son lit de mort, spécialiste du 3-tiers client riche. Autour de 2004, par altruisme, je suis également un des modérateurs de la plus grosse communauté francophone de développeurs Flash en France, à savoir Media-Box.

Media-Box c'est avant tout un forum, pratique pour aider les gens et échanger autour de problématiques communes. Mais je commence petit à petit à toucher les limites, et a parler de ce qu'il y a "au dela" de ce que tout le monde pratique.
J'ai besoin d'un espace personnel, sur lequel je puisse parler de mes expérimentations, je puisse raconter un peu de ce qui ressort de ma veille techno.

Tout le monde me connait en tant qu'Aggelos, et Aggelos.org est disponible. Je me lance.

Je regarde autour de moi, ce que font mes potes sur la communauté, que je vais appeler par leur pseudo juste parce que ça en fait raler certains :p : Solo, Mega (un ancien boulet de forum devenu aujourd'hui un professionnel sérieux et développeur de Dotclear, ça tient du miracle, oui mon chou, moi aussi je t'aime), Qwix, TheCaptain, Liguorien, Shaoken, Marcel Ekameleon (private joke inside), PetePx, j'en passe, et surement des meilleurs.
Entre autres solutions de blogs, et en éliminant tous ceux que ces braves gens compétents ont pondus eux mêmes (oui, parce qu'à l'époque, faire un CMS c'était IN, la preuve - moi à la même époque, c'est par pour me vanter, mais j'ai pondu un CMS full flash vraiment WYSIWIG avec une interface du genre XPress ou InDesign, non pas open source, oui, je ferme ma gueule, de toute façon Flash est mort ), je vois qu'il y a un petit moteur de blog bien cocorico et qui fonctionne bien, donc je choisis ça. Le truc s'appelle DotClear et l'histoire commence

De Aggelos.org à Entre-Nous

Mai 2005, il est temps de se casser de Lille, et de venir voir si l'air est plus bleu à Paris. Réponse a posteriori : oui, mais pas de beaucoup, la preuve, d'ici la fin de l'année j'aimerais bien m'être cassé de Paris pour aller ailleurs, si possible à Lyon, mais c'est une autre histoire, oui, je sais, je digresse, et je fais des phrases dignes de Mérimée, qui n'était pas le dernier pour nous casser les couilles avec les juxtapositions de propositions, mais comme je le disais juste avant, je digresse.

Depuis quelques temps, Aggelos.org tourne vachement bien. C'est un site de référence, il héberge quelques petits frameworks Open Source ( comme les AggTextTools et plus tard une version de Sexie et Sexier il me semble ), et quelques blogueurs parisiens, comme un célèbre coléoptère, un nymphomane (oui, je sais, c'est une driade, mais avoue que tu y mets de plus en plus la main), mon pote d'Affligem (qui pensait peut-être que j'avais jamais vu le "alt" dans sa blogroll), commentent un peu dessus.
Quelques bières aidant, je me laisse convaincre d'ouvrir un blog plus "personnel", beaucoup moins référencé (et volontairement d'ailleurs, ce qui ne t'a pas empéché toi, mon lecteur le plus fidèle que j'espère bien rencontrer un jour, de le trouver), dans lequel transpireront mes états d'âme.

Vu que ça ne regarde personne d'autre que les blogueurs avec qui j'échange des bières, ou leurs amis proches, ou les amis de leurs amis (avant même Facebook, t'imagines), ça s'appelera "Entre Nous".

Entre Nous, c'est mon petit truc à moi que j'utilise en société, principalement au Paris Carnet, ou je rencontrerai entre autres un rouquin, mon poisson rouge favori, une oulipienne, le gars dont la photo est dans le dico à côté de "mec posé", les compagnons, compagnes, toute la petite bande d'amour gloire et beauté, un cyrano au rire phénoménal, une raleuse qui aime les mêmes bouquins que moi, la plus belle femme du monde, et bien sur, toi, ma belle, ma grande, ma douce, ma bête, ma drôle, ma chiante, de temps en temps ma confidente, mon Cheshire Cat qui aurait voulu être roux, ma tortue, celle qui me manquera sans doute le plus une fois que j'aurai quité Paris.
Oh, et aussi Dieu, rencontré chez Nim juste après que, pour protéger les droits d'auteur, le gouvernement se soit fait facturer 120 000€ pour un dotclear criard duquel toute mention à l'auteur ait été retirée, en violation évidente de la licence. Ce soir là, aigre comme on peut l'imaginer, l'intéressé répondait à "tu peux me passer les chips" par "ok, ce sera 120 000€". Cela dit, la phrase de la soirée restera quand même "t'inquiète, ça ne sortira pas d'internet". Salut l'artiste.

Le thème d'Entre-Nous est alors un cadeau que je chéris toujours à l'heure actuelle même si je n'en ai d'autre trace que dans mes souvenirs, fait par une dame qui a tellement trop de talent qu'elle en écrit des livres aujourd'hui; et que je n'ai jamais pu migrer sa création. Du beau mauve pastel rehaussé d'or, un petit logo d'ange fait par un de mes fans en bas à droite.

Entre Nous, c'est la "grande époque".
Je m'essaie à la BD sans talent façon XKCD (hum, j'ai raté une migration, faut que je retrouve tout ça).
Je rale sur tout et n'importe quoi.
Et puis, je me lance un challenge personnel : régulièrement, je prends un mot au hasard dans un Littré en ligne, en donne la définition et écris un impromptu à loisir. Diable, j'arrive encore à en lire la majorité sans rougir de honte. Mais bon, je ne suis vraiment fier que de peu d'entre eux. Souvent des hommages en fait. Buzzati, Raph de bonpourtonpoil, toi aussi a qui je n'ai jamais dit que j'avais dédié ce poème, et dont je ne sais pas si tu l'as jamais su.
Il faudrait réécrire, retravailler, repenser certaines choses, mais c'était le but de l'exercice : écrire en un jet pour un billet de blog. La preuve. Sans doute que cela n'a pas plus de valeur.
Je lis les commentaires et je souris.

Si tu te demandes si j'ai arrếté d'écrire, non. J'écris différemment. J'écris encore des poèmes. Je ne publie rien cela dit.

EEEEEEEEENFIN. Reprenons ou nous en étions voulez vous ? Parce que là, je sais pas vous, mais je suis en train de m'enfermer dans une bulle de nostalgie telle que j'en oublie le reste.

Dotclear 2 - Agapé Dans mon Canapé

Dotclear 2... Rien que l'histoire de l'arrivée de cette nouvelle mouture est pleine de drolerie. Je me rappelle de la ferme expérimentale, la "blogeoisie". Je me rappelle aussi de l'abruti qui avait déposé dotclear2.com en espérant commercialiser un service de blogs comme Wordpress en profitant de la gestion multi blogs de la nouvelle plateforme... Et de la google bomb organisée par votre serviteur et bien suivie qui avait fait de dotclear2.com la première requête quand on cherchait "suceurs de roue" (un terme péjoratif de cyclisme).

Mon plus grand regret ? Je l'ai déjà dit : ne pas pouvoir migrer le thème. Du coup, nouvel identité, et puis pour moi aussi, nouvelle phase dans ma vie. Entre Nous est donc devenu "Agapé dans mon canapé - Eros dans mon Merinos". J'avoue que j'était un peu jaloux de "métaphore, il fait froid dehors". Et alors ?

C'est une autre période de ma vie. Mes passions commencent à diverger un petit peu de celles de blogueurs que je fréquentais auparavant. Je commence à me passionner pour l'absinthe en dépit de toutes les remarques acerbes que l'on a pu me faire à ce propos. Je ne regrette pas, étant donné que cela a été l'occasion de rencontrer d'autres gens, et de faire de très belles autres rencontres.

Ma façon de bloguer va progressivement se professionnaliser à nouveau, et pour parler de cette nouvelle passion sur un espace plus pro, je crée la gazette de l'absinthe. La gazette me prend beaucoup de temps, mais me le rend bien : c'est une activité semi professionnelle avec ses avantages en nature, et une renommée plus importante. Mes articles sont cités par la BBC, RTL, et j'écris même un article pour Rue89. Mais du coup, c'est mon blog perso qui paie la note.

Et puis, surtout, il ne faut pas oublier une chose cruciale : je ne vis plus seul. En consacrant mon énergie à construire une relation qui aujourd'hui s'avance vers le mariage (eh oui, elle a le brillant au doigt depuis le jour de l'an), j'ai moins de passion à investir dans le blog.

Wordpress, Twitter, Facebook, Tumblr, Nausée...

La Gazette est publiée sur Wordpress, question de plugin et de templates, ralentissement des contributions sur DC, et template "magazine" qui correspondait mieux à mes besoins. Mais je ne sais pas pourquoi, je ne suis pas fan.

Je Twitte. C'est pratique, d'autant plus que j'ai maintenant un smartphone et je peux jeter des idées sur le fil. Mais c'est un peu au blog ce que le macdo est à la nourriture. Rapide, pratique, insipide.

Pour diverses raisons, la principale étant de voir grandir mes nièces, je me crée un compte Facebook, sur lequel je n'ai pratiquement pas d'amis. Je l'ai fermé récemment parce qu'on m'invitait à intervenir en tant qu'expert au sein de certains groupes, tout en me demandant de devenir ami et/ou en me critiquant sur des avis qui sont exprimés sur un medium qui est un foutu amalgame de public et de privé, et que globalement, fiou, Facebook m'a attiré plus d'emmerdes qu'autre chose.
Et en me relisant, je me dis que finalement, mon blog je le gérais un peu comme un compte Facebook mais hébergé par moi même, et où j'avais le droit de dire ce que je voulais, et d'envoyer les gens se faire foutre comme je l'entendais.

Tumblr... C'est mignon. C'est à mi chemin entre tout ça. Du coup je m'en désintéresse assez vite. Je suis mon tumblr d'un oeil distrait, et à vrai dire, si c'était aussi populaire que Twitter, je me tournerais la dessus. A vrai dire, peut être que j'aurais vraiment craqué si à l'instar de Wordpress il était possible d'héberger son propre tumblr.

Souvent, je regarde avec nostalgie mon blog. Et là, en passant en revue tous mes articles d'un oeil pas si distrait que ça, je me demande pourquoi je m'en suis éloigné. Sans doute parce qu'un moyen de communication sur lequel je parle tout seul, ça n'avait pas beaucoup d'intérêt. Mais au fond on s'en fout non ?

Housite - Blond, Bègue et Boiteux

Ma vie a un peu pris un tournant en Décembre 2010. Subitement, j'ai été atteint d'une maladie à ce jour encore inconnue, vraisemblablement "dans ma tête", au sens large, handicapante, et sans traitement.

En plein milieu d'une vie qui prenait un élan fabuleux (PACS, retour au théâtre semi-pro, une réputation solide au niveau mondial chez les absintheurs, une carrière en plein essor - du moins je le croyais), tout s'écroule.

Un article. Deux articles. Et faute d'un lectorat assidu, et parce que maintenant que Facebook existe, un blog n'est plus une plateforme ou on parle de sa vie, mais en général plutôt un truc ou on devise ou bien où on essaie d'être un tantinet plus intelligent, globalement.
Alors mon blog est devenu l'espace ou je ventile.

Avec humour, je renomme le blog avec trois attributs moqueurs mais tellement vrais :) Genre BB Brunes (ça s'écrit comme ça ? Je préfère même pas vérifier). Et je râle. Au fond, je m'en fous. Mon blog est à moi, c'est ma thérapie.

Les commentateurs se comptent au nombre de deux, les lecteurs... aucune idée, du coup les spambots en profitent. C'est pour cela que les commentaires sont dorénavant modéras a priori.

Ce qui me rend heureux, c'est que la communauté DotClear se réveille enfin au moment ou j'ai fermé mon compte Facebook et où j'ai envie de revenir aux anciens modes d'expressions.

J'envisage d'apporter ma pière à l'édifice. Je suis nul en CSS. Je n'ai pas fait de PHP depuis longtemps, et autant je le lis bien, autant je n'aime pas coder en PHP.
Mais j'ai bien envie de faire sur mon blog ce que je faisais sur Tumblr et sur twitter, tant pis si on me lit pas.
Alors je vais essayer de me pencher sur la doc de l'API XmlRPC et tenter de faire une application androide pour faire un "partager sur mon blog".

Et je serai chez moi. Entre nous. Confortablement dans mon canapé, tout blond, bègue et boiteux que je suis.

Bises et bonne continuation à DotClear.

Commentaires

1. Le mardi, août 13 2013, 01:59 par Otir

Toujours très émouvant de découvrir les parcours des blogueurs. Merci d'avoir partagé le tien.

Et bonne continuation, oui, Dotclear et bonne reprise pour toi !

2. Le mardi, août 13 2013, 11:06 par lipki

Soit l'internet des français est tout petit, soit on a parcouru le même sans jamais se croisé !
Ou peut-être que si ?

Bon anniversaire Dotclear, à dix ans on reçoit quoi ? un vélo !

3. Le mardi, août 13 2013, 23:06 par Tizel

Parcours intéressant, qui se recoupe pas mal du miens dans le début. Modérateur sur Webmaster-Hub, j'ai aussi eu envie d'avoir mon propre espace d'expression, et c'est comme ça que je me suis lancé sur dotclear. C'était en 2004. En 2013, mon blog vit encore...