Autarcie ou ostracisme ?
Bon, le billet suivant est moins drole que le précédent.
En ce moment, je ressens à nouveau ce sentiment qui me nargue souvent et qui me mine. Depuis que je suis tout gamin, j'ai toujours une angoisse qui me poursuit, celle de l'isolement, de la solitude. Et c'est cette impression que je ressens encore.
Du temps ou j'étais à Grenoble, j'avais une vie beaucoup plus... communautaire, je dirais. Que ce soit le samedi après midi, soir, ou le dimanche, je n'étais jamais seul, toujours en bonne compagnie, a parler de tout et de rien. Mais peu importe, j'étais satisfait d'être avec des gens avec qui je partageais des choses.
A Lille, je ne me suis jamais vraiment intégré dans mon milieu, donc ce fut une période extrêmement pénible pour moi.
Puis je suis arrivé à Paris. Par les blogs, j'ai rencontré plein de gens formidables. Vraiment. Je sortais souvent en semaine, recevais souvent chez moi, etc. J'avais l'impression de revivre, d'une période faste. Je pensais me sentir mal à Paris, les premiers temps, je m'y suis senti le plus à l'aise du monde.
Et à nouveau, je ressens ce vide.
Des week ends où je ne vois personne.
Des amis que je ne vois qu'une fois par mois au mieux.
Il y a des soirées chez moi, oui, certes, mais j'y joue souvent le rôle de "l'hote qui a son propre chez lui", le "grand frère". Je n'ai pas l'impression de "faire partie" souvent.
Et je n'ai pas réellement de "complice", vous savez, l'ami avec qui on fait beaucoup de choses et on partage pas mal ?
Alors je réfléchis. Oui, j'ai passé beaucoup de temps en ligne l'année dernière, à faire évoluer des communautés, un peu à chercher l'ame soeur début 2008, un peu a appréhender un nouveau monde sur les forums d'absintheurs. Sans me faire forcément d'amis dans ce milieu, et je commence à comprendre pourquoi. En lieu d'une grande communauté d'esprits cultivés et festifs, je découvre peu à peu un milieu de défiance et de compétition, que ce soit entre historiens, distillateurs, collectionneurs, ou même absintheurs qui se battent pour déterminer qui a le meilleur avis. On ne se fait pas d'amis, on se fait que des concurrents.
Oui, je sais aussi que je ne vis pas "intra muros". Et parfois j'ai l'impression que ca m'isole, comme si dans la tête des gens, je n'habitais pas sur Paris.
Oui, je sais que je suis quelqu'un de bizarre. Peut etre en fin de compte ne suis-je pas aussi intéressant que je voudrais l'être. Grande gueule et vaniteux, un humour qui peut sembler lourd, un certain manque de culture sur certains sujets, ou une culture spécialisée que je ne partage pas.
Ou alors simplement certains choses ont divergé avec le temps.
Peut-être que je ne prends pas assez l'initiative. Sans doute me suis-je complus dans une flemme. Je fréquente des gens intéressants, mais les gens intéressants, sont occupés, et on se retrouve avec des mails non répondus, des invitations que personne ne remarque, des rendez vous éternellement reportés. Et Paris est grand, et les gouts diffèrent, donc trouver un lieu est souvent une telle galère...
Peut-être n'ai-je pas quitté Grenoble dans ma tête, car bizarrement, les amis que je vois le plus régulièrement sont la bas. Ironique n'est-ce pas ? A Grenoble, je vis encore ces week ends marathon ou on ne passe pas un moment seul. Et ca me fait parfois revivre.
Ou simplement est-ce encore que je n'ai pas grandi. On a tous ou presque des boulots, des vies de couple, des activités en dehors, d'autres priorités financières qu'aller se jeter un verre. Peut-être qu'il faut que j'accepte que le temps des sorties entre potes est derrière moi.
Je ne sais pas. Cette année, j'ai décidé de changer un peu de cap sur beaucoup de choses. Me consacrer enfin pleinement à mon bouquin et pas à animer du roleplay pour une poignée de joueurs. Ou si je fais du jeu de rôle, que ce soit autour d'une table, régulièrement. Mais je ne trouve pas les joueurs.
Monter sur scène (j'ai trouvé une troupe, enfin ! ), tenter de me lier d'amitié avec les gens avec qui je fais différentes activités. Bref, me sociabiliser et me consacrer à mes envies. Peut-être que ca aidera. En attendant, je me pose des questions.
Commentaires
On prend une biere en debut de semaine ?