Les développeurs
Le développeur autodidacte - Maçon du dimanche
Il est plein de bonne volonté, mais il ne connait pas bien la construction. Il a entendu dire qu'une maison en pierre c'est vachement mieux. Alors il va chercher des galets au bord de la rivière, ramasse un peu de boue au passage pour faire du machicouli, il a vu ça sur internet. Quelques tessons de bouteille pour faire les fenetres, et il a une super idée : il va faire de la poterie pour faire des petits morceaux d'argile qu'il va empiler les uns sur les autres pour le toit.
Il fait quelques plans à l'arrache, et quand il met en pratique il se rend compte qu'il a un mur qui se trouve à 10cm du sol, mais bon, "ça se voit pas trop"
Résultat de la maison :

  • Elle est pas très grande
  • Elle risque de s'écrouler s'il pleut trop
  • Le toit s'affaise parce que les poutres ne sont pas assez solides
  • Il faut la détruire complètement si on veut ajouter un mur
  • Impossible de la revendre



Le développeur de formation spécialisée - Le spécialiste de la brique
Il est très fort. Quand il conçoit une brique, c'est de la bonne grosse brique de compétition : elle résiste à la pluie, au vent, aux éclairs, et s'il était en forme, elle brille dans le noir. Il peut vous faire toutes sortes de briques, de toutes les tailles, le plus souvent tellement polies qu'on peut les coller avec des forces de Van der Waals. D'ailleurs, il ne comprend pas trop l'intéret du ciment.
Alors là, il doit construire une maison, mais d'un point de vue conception de maison, il ne s'y connait pas beaucoup plus que l'autodidacte. Il a vu son idée là, avec la poterie, et il se dit que c'est bien mais qu'on voit que c'est un débutant. Il va faire la même chose, mais à sa façon.
Résultat de la maison :

  • Elle est pas très grande, et bon sang, elle a mis un temps fou à être créée, fallait tailler toutes les briques de façon impécable, sinon, sans ciment ça tenait pas.
  • Le toit s'affaise parce que les poutres ne sont pas assez solides là encore
  • Il ne vous laissera pas la détruire, et l'idée de pratiquer une ouverture pour mettre une porte ou une fenêtre conduit à des hurlements
  • Il vous engueule si vous parler de revendre ne serait-ce qu'une brique, et surtout ne lui demandez pas comment il a fait.

"L'architecte technique" : le contremaitre
Il a pigé quelques trucs. D'abord, il sait qu'il peut acheter des briques toutes faites. Mais il ne prend qu'une seule marque, parce qu'il la connait bien. Et puis on lui fait pas le coup, les tuiles il connait, il va pas réinventer.
Pareil pour la dalle, pareil pour les outils. Et pour les plans, il a une petite bibliothèque dans laquelle il a des morceaux de salles toutes conçues, qu'il va appliquer ça et là.
Résultat de la maison :

  • Il la fait à la taille qu'il veut, et généralement assez vite.
  • Par contre il y a un vide entre la salle de bain et la cuisine, qu'il a reliées avec un sas fait en machicouli.
  • L'entrée de la cuisine est pas tout à fait alignée avec l'entrée du salon, mais bon, ça passe
  • Il prend le plan de la maison, la définit comme une nouvelle salle, et va revendre ce plan et des maisons toutes faites plutôt que sa maison

Les autres métiers
Le chef de projet - Le chef de chantier
Il est en charge de fabriquer une grande baraque, dans un temps donné avec une qualité donnée, et avec des envies fournies.
Il recrute une poignée des précédents pour faire le boulot. Problème, il a demandé à l'autodidacte, qui est son cousin, de faire le boulot de l'architecte, à l'architecte de faire le boulot de l'expert de la brique, et à l'expert de la brique de coller le ciment.
Ca ne marche pas, donc il est en retard, mais reporte la faute sur le client, parce qu'il n'a pas payé assez cher pour la qualité demandée, ou qu'il a laissé trop peu de temps.
Résultat de la maison :

  • Ah bah ça c'est une belle baraque. Bon, elle ne ressemble absolument à rien de ce que le client avait demandé, et faut pas fouiller les faux plafonds, mais c'est une belle baraque
  • Bon, par contre elle a couté 3 fois le prix, et il a fallu 12 ans pour l'avoir. Le client est mort entre temps
  • Tant pis, plutôt que la vendre, le chef de projet l'ajoute à son CV

Le maitre d'ouvrage - Le promoteur immobilier
Il ne va pas se faire une maison, il a un client qui en veut une. Alors le client a plein d'idées, mais aucune de précise. Par exemple il veut 4, ou peut être 7 pièces, avec un espace qui pourrait un jour se transformer en piscine, le chauffage au sol, un écran plat, et un chien.
Le promoteur connait plusieurs chefs de projets, et regarde dans leurs CVs s'ils ont pas des maisons intéressantes. Il réécrit les envies du client pour lui montrer qu'elles collent à une des maisons, si on ajoute un truc ou deux, et contacte le chef de chantier associé pour lui commander une nouvelle maison avec les quelques modifications.
Quand la maison est prête, il menace d'attaquer le client en justice s'il n'est pas satisfait, et empoche la moitié du prix de la maison.

Le consultant maitrise d'ouvrage - Le vendeur de cuisines
Le client a des envies plus précises. Dans sa belle maison, il veut un lave vaisselle. Il demande son avis au vendeur de cuisines. Celui ci lui dit que la seule solution c'est d'acheter une cuisine intégrée complète, mais que celle ci ne marchera que si elle est reliée au salon et à la sale de bain avec des cables qui courent dans les murs et des tuyaux sur le sol. Le client, bien embêté lui demande s'il n'y a pas d'autre solution. Le vendeur de cuisine lui dit que si, s'il veut que le boulot soit fait par un autodidacte, et il se moque de l'autodidacte.
Une fois que le client a accepté, le vendeur de cuisines va voir le chef de chantier, boit un verre avec lui, et donnes des ordres directement à l'autodidacte pour qu'il mette du machicoulis autour du lave vaisselle et des autres appareils ménagers pour bien les incruster dans les murs.
A la fin, il fait signer à son client un document disant que oui, il voulait bien une cuisine intégrée, et que oui, l'odeur de frites de la hote au dessus du canapé du salon c'était bien ce qu'il attendait.

Les législateurs
Il ne savent pas ce que c'est qu'une maison, et encore moins une brique, alors pensez bien. Mais bon, ca existe, alors il faut des lois, sinon ça peut être dangereux et faire peur aux pauvres gens, vous comprenez ma bonne dame.
Depuis que les maisons existent, cela dit, les marchands de couverture gagnent moins bien leur vie. Alors ils arrivent a convaincre les législateurs qu'ils connaissent vachement bien les maisons, les briques, tout ça, et que les briques c'est super dangereux, et que donc les gens ne devraient entrer dans une maison que s'ils ont acheté au préalable tout un stock de couvertures. Vous voyez pas le rapport ? Moi non plus. Mais les législateurs y croient, et ils interdisent la possession de toute maison par une personne qui n'a pas au moins 14 couvertures. D'ailleurs, si le propriétaire venait à en avoir moins, d'abord il aurait un avertissement, et ensuite il serait expulsé.

Bon, je pourrais continuer pendant des heures, et si ça se trouve, je le ferai, et je modifierai cet article avec le temps et les recommandations