- 26.33
- Pierre, prenant la parole, lui dit: Quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi.
- 26.34
- Jésus lui dit: Je te le dis en vérité, cette nuit même, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois.
- 26.35
- Pierre lui répondit: Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. [...]
- J'imagine qu'il m'aura fallu tout ce temps pour le voir... Une amie me disait "Dieu est pardon" :)
Pauvres pensées
Avant que le coq chante
Euthanasie - La pie voleuse
Je viens de twitter l'excellent texte de Sir Terry Pratchett sur l'euthanasie, et j'aimerais approfondir.
J'aimerais approfondir sur le sujet, en livrant ma position personnelle sur celui ci.
Araignée Homme, Araignée Homme
Pendant les vacances de noël Guinguin Quinquempoix, comme beaucoup de gens, a entendu parler d'un flim qui se serait appelé Avatar. Sa nièce en parlait souvent en disant que c'était une formidable épopée initiatique tournant autour de la métaphore animiste, avec un heros pétomane. Pas en ces termes, bien sur, c'était plutôt "Avatar c'est 'eu mait' du vent !"
Longtemps il s'est dit que ces gamineries n'étaient pas pour lui, mais voila, Guinguin n'a pas d'amis, et le soir du réveillon de noël, vu qu'il est tout seul attendu qu'il s'est faché avec sa soeur (faut dire qu'il avait traité la petite manon de demeurée parce qu'a trois ans elle ne comprend rien à la numismatie), il se dit, dans un élan d'esprit de Noël, "foutrechantre, j'irai bien me faire une petite toile".
Le voila rendu au pathé du paté (de maisons, il habite intra muros, où les cinemas et les mac-dos sont plus nombreux que les 2 pièces meublés)
pour voir la séance en 3D, mais en français. Diable pauvre homme, il est sur les rotules quand il voit que le prix de la place est équivalent au prix de la pièce de deux roupies de 1924 qu'il vient d'acheter avec le reste de ses économies du treizième mois.
Aussi, il reprend le long chemin qui le ramène chez lui (chez le megalopolitain moyen, une distance de plus de 100m se fait en taxi, et les vélibs ne circulent pas sur la neige) et se pose morosement devant l'ordinateur.
"Mais ! " s'écrie-t-il plusieurs fois étant donné que l'écho des grands pièces vides lui répond "c'est bien sur !"
Ce qui est bien sur, c'est qu'on pouvait trouver des flims sur internet, qu'il a pour chiner sur ebay, a-t-il entendu. Sitôt dit, sitôt fait, il va sur yahoo answers et demande "comment fait-on pour télécharger un film sur le web".
Un grammar nazi qui passait par la lui répond immédiatement, et fort à propos, même si c'est à côté de la plaque, "En français on dit toile, et pas web" (si si, c'est marqué là ).
Et c'est dans ce moment d'épiphanie que Guinguin vient de réaliser quelque chose : dans leur recherche effrenée de protection de la langue française, les torche-culs neologisateurs ont réussi à sauver notre bel argot.
Car si on a de moins en moins les moyens de se faire une toile, on peut enfin, et toujours se faire une toile :)
Autarcie ou ostracisme ?
Bon, le billet suivant est moins drole que le précédent.
En ce moment, je ressens à nouveau ce sentiment qui me nargue souvent et qui me mine. Depuis que je suis tout gamin, j'ai toujours une angoisse qui me poursuit, celle de l'isolement, de la solitude. Et c'est cette impression que je ressens encore.
Du temps ou j'étais à Grenoble, j'avais une vie beaucoup plus... communautaire, je dirais. Que ce soit le samedi après midi, soir, ou le dimanche, je n'étais jamais seul, toujours en bonne compagnie, a parler de tout et de rien. Mais peu importe, j'étais satisfait d'être avec des gens avec qui je partageais des choses.
A Lille, je ne me suis jamais vraiment intégré dans mon milieu, donc ce fut une période extrêmement pénible pour moi.
Puis je suis arrivé à Paris. Par les blogs, j'ai rencontré plein de gens formidables. Vraiment. Je sortais souvent en semaine, recevais souvent chez moi, etc. J'avais l'impression de revivre, d'une période faste. Je pensais me sentir mal à Paris, les premiers temps, je m'y suis senti le plus à l'aise du monde.
Et à nouveau, je ressens ce vide.
Des week ends où je ne vois personne.
Des amis que je ne vois qu'une fois par mois au mieux.
Il y a des soirées chez moi, oui, certes, mais j'y joue souvent le rôle de "l'hote qui a son propre chez lui", le "grand frère". Je n'ai pas l'impression de "faire partie" souvent.
Et je n'ai pas réellement de "complice", vous savez, l'ami avec qui on fait beaucoup de choses et on partage pas mal ?
Alors je réfléchis. Oui, j'ai passé beaucoup de temps en ligne l'année dernière, à faire évoluer des communautés, un peu à chercher l'ame soeur début 2008, un peu a appréhender un nouveau monde sur les forums d'absintheurs. Sans me faire forcément d'amis dans ce milieu, et je commence à comprendre pourquoi. En lieu d'une grande communauté d'esprits cultivés et festifs, je découvre peu à peu un milieu de défiance et de compétition, que ce soit entre historiens, distillateurs, collectionneurs, ou même absintheurs qui se battent pour déterminer qui a le meilleur avis. On ne se fait pas d'amis, on se fait que des concurrents.
Oui, je sais aussi que je ne vis pas "intra muros". Et parfois j'ai l'impression que ca m'isole, comme si dans la tête des gens, je n'habitais pas sur Paris.
Oui, je sais que je suis quelqu'un de bizarre. Peut etre en fin de compte ne suis-je pas aussi intéressant que je voudrais l'être. Grande gueule et vaniteux, un humour qui peut sembler lourd, un certain manque de culture sur certains sujets, ou une culture spécialisée que je ne partage pas.
Ou alors simplement certains choses ont divergé avec le temps.
Peut-être que je ne prends pas assez l'initiative. Sans doute me suis-je complus dans une flemme. Je fréquente des gens intéressants, mais les gens intéressants, sont occupés, et on se retrouve avec des mails non répondus, des invitations que personne ne remarque, des rendez vous éternellement reportés. Et Paris est grand, et les gouts diffèrent, donc trouver un lieu est souvent une telle galère...
Peut-être n'ai-je pas quitté Grenoble dans ma tête, car bizarrement, les amis que je vois le plus régulièrement sont la bas. Ironique n'est-ce pas ? A Grenoble, je vis encore ces week ends marathon ou on ne passe pas un moment seul. Et ca me fait parfois revivre.
Ou simplement est-ce encore que je n'ai pas grandi. On a tous ou presque des boulots, des vies de couple, des activités en dehors, d'autres priorités financières qu'aller se jeter un verre. Peut-être qu'il faut que j'accepte que le temps des sorties entre potes est derrière moi.
Je ne sais pas. Cette année, j'ai décidé de changer un peu de cap sur beaucoup de choses. Me consacrer enfin pleinement à mon bouquin et pas à animer du roleplay pour une poignée de joueurs. Ou si je fais du jeu de rôle, que ce soit autour d'une table, régulièrement. Mais je ne trouve pas les joueurs.
Monter sur scène (j'ai trouvé une troupe, enfin ! ), tenter de me lier d'amitié avec les gens avec qui je fais différentes activités. Bref, me sociabiliser et me consacrer à mes envies. Peut-être que ca aidera. En attendant, je me pose des questions.
It just won't go away
Désolé les lecteurs, j'ai besoin de parler, même si je sais que ça ne va pas beaucoup m'aider.
Comme certains d'entre vous le savent, j'ai subi une agression devant chez un ami hier. Je vous rassure tout de suite, il y a eu plus de peur que de mal, les agresseurs ne m'ont pas blessé et n'ont rien réussi a prendre, parce que fou de peur et de colère, je ne les ai pas laissé faire, et mes appels à l'aide ont trouvé tout de suite une réponse. A l'ami en question, il peut remercier chaque fois qu'il les croise les habitants de son quartier, je ne peux pas dire à quel point je leur suis reconnaissant.
Voila comment je pense que s'est déroulée l'action. Je cherchais l'appart de cet ami, et je devais faire des courses à la supérette avant de passer chez lui. Donc j'ai regardé mon iPhone pour voir le plan, et je suis entré à la supérette. J'ai payé par carte, et celle ci a une jolie couleur brillante.
En sortant, je vais devant chez mon ami, je vois qu'il a un premier digicode sans interphone, donc j'appelle une autre amie qui l'a probablement vu que je n'ai pas son numéro. Cette amie me dit qu'elle arrive immédiatement. Et elle aime bien me surprendre, et m'attraper les yeux par derrière lui ressemble beaucoup.
Donc quand je sens qu'on m'attrape par derrière, je ne suis qu'a moitié surpris, jusqu'a ce que je réalise qu'on me ramène au sol. Je n'ai pas vu ce qui se passait, mais on m'a dit qu'ils étaient trois et qu'un me tenait les jambes. Celui la a du rentrer avec des bleus, parce que j'ai rué comme un sauvage.
Je tenais mon téléphone à la main, en pensant que c'est après cela qu'ils en avaient, mais un mec sure de lui me disait avec une voix confiante "bouge pas, bouge pas" et tentait de fouiller dans ma poche revolver. Continuant de frapper, j'ai pu dégager ma bouche et appeler à l'aide. C'est une femme du quartier qui a réagi en premier, frappant un des agresseurs. Tous les autres habitants ont débarqué illico, y compris un qui sortait de sa douche et a appelé la police. Mais personne n'a pu voir leur visage, ça s'est passé trop vite. Meme ma douce qui était avec moi n'a pas eu le temps de comprendre ce qui se passait.
J'ai beau bien m'en sortir, cette scène me hante aujourd'hui. J'ai toujours pensé qu'en cas d'agression, je pourrais voir mon agresseur ou mes agresseurs, et que je ne me dégonflerais pas. Mais le fait d'avoir été pris dans le dos et d'avoir été impuissant quelques instants me serre le coeur. Je sais pas bien comment faire que ça passe. J'ai juste envie de vengeance ce soir. Et hier soir aussi d'ailleurs, mais je me suis trop imbibé pour que ca me hante sur le coup.
Je ressasse, et persiste à penser qu'il y avait un complice dans la supérette. Quelqu'un qui était près et qui a vu le code de ma carte. Il devait etre TRES près, parce que je fais des excès de précautions pour qu'on ne voie pas mon code. C'est la seule explication valable pour le fait qu'ils aient tenté à tout prix de prendre celle ci alors que j'avais un téléphone hors de prix en main, qu'il était probablement plus facile d'arracher.
Si quelqu'un a des conseils, je suis preneur.
Ministère des arcanes
On m'a demandé un jour quelle était ma définition du mot "culture". J'avais répondu en substance que la culture est la manifestation de l'idiosyncrasie d'un peuple avec son histoire.
Petite piqure de rappel :
Idiosyncrasie : Disposition qui fait que chaque individu ressent d'une façon qui lui est propre les influences des divers agents
L'UNESCO la définiti de la sorte :
Dans son sens le plus large, la culture peut aujourd'hui être considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances.
Quand je considère le groupe social qu'on essaie encore vainement de délimiter à "la France", je suis forcé d'être attristé. Laissez moi développer.
La France dispose d'un des patrimoines culturels les plus riches au monde. Que ce soient nos penseurs, écrivains, poêtes, dramaturges, peintres, musiciens, ou bien nos différentes religions, que feu notre status de "terre d'asile" nous a fourni en abondance, notre système de valeur quand même fondamentalement chrétien, mais emprunt de l'héritage de Descartes, Lavoisier et les lumières, notre côté épicurien, hautain et grande gueule, ils ont tous une chose en commun : ce sont des caractères transmis !!!
Notre culture est une partie intégrante de notre phénotype, et par analogie, c'est aussi une part de notre hoirie, que l'on nous a transmise et que nous partageons, transmettons à notre tour.
Font partie de notre culture, outre notre histoire, les chansons que nous chantent nos mères, les contes que l'on nous raconte, et plus tard les artistes sur lesquels on nous force à ouvrir les yeux, les oreilles, parfois même dans la douleur (des fois j'eus aimé que Rousseau ne fasse pas partie de la culture française, j'avoue). Font partie de notre culture les pensées et textes des grands auteurs, que l'on cite en référence, commente et amende, les exégèses sur les textes et paroles des grands esprits, et toutes ces choses que nous partageons autour d'un repas, d'une bière, d'une cigarette, ou dans un trajet de train.
Bref, en quelques mots : la culture ce sont ces facteurs de notre environnement global que nous partageons et transmettons. Et c'est quelque chose que nous faisons naturellement, sans avoir aucune valeur morale sur le sujet. Pis encore, c'est un mécanisme naturel, animal.
Par contraposée ce qui ne peut pas être librement partagé et transmis par et à tous, intemporellement, n'est pas de la culture. Si la lecture d'un texte religieux n'est autorisée qu'à une élite, ce n'est pas la culture, c'est une arcane. Si Mein Kampf n'est pas en rayon dans les librairies, et/ou que je me fais ficher quand je l'obtiens d'une manière ou d'une autre, c'est une arcane, et un épouvantail au passage. Si la seule façon possible pour que je puisse écouter et chanter du Christophe Willem (ou Lorie, ou Renan Luce, faites votre choix) est de payer pour ça, ce n'est pas de la culture, ce sont des arcanes. Des informations, des traits réservés à une élite qui peut payer, ou à une minorité qui a fait le choix de payer en particulier pour ces artistes. Ca n'est pas partagé au niveau global.
J'appuie encore une fois sur intemporellement. Ce n'est pas parce que c'est passé à la radio ou à la télé que c'est partagé par tous et que cela se transmet dans le patrimoine. C'est la simple raison pour laquelle la majorité des artistes d'aujourd'hui ne sont que des "étoiles filantes". Leur pérennité n'est assurée que sur une fenetre de temps limitée, et ensuite seule une minorité pourra retrouver ou partager ce que ces artistes avaient fourni.
Si les artistes veulent faire de la culture, et donc mettre un pied hésitant dans l'immortalité, alors la démarche de limiter l'accès à leur création à ceux qui peuvent se le permettre ou à une minorité élective amène à l'échec.
Présenté comme cela, la volonté des "artistes" (prenez des pincettes pour les guillemets dans certains cas) à vivre de leur création est complètement hors du sujet de la culture. J'en veux pour exemple que Van Gogh n'a pas vécu de son oeuvre. Et globalement, la majorité des gens en pamoison devant ses tableaux n'en n'ont cure. La contraposée n'est pas vraie cela dit : si l'on veut encourager la culture, il faut encourager les "culticulteurs" à produire.
J'en viens à questionner le choix fait par notre gouvernement aujourd'hui : pour encourager les artistes, partie des "culticulteurs", il propose de garantir que leur production n'est pas partagée, échangée avec trop de liberté. Et là, je vais pour le coup être vulgaire : y a que moi qui trouve que c'est con ?
Et si encore une fois on ne s'était pas posé la bonne question ? La question que l'on se pose dans le cadre de la loi "Création et Internet" et qu'on s'est posée par le passé dans le cadre de la loi "Confiance dans l'Economie Numérique", c'est "comment garantir que toute personne consommant ou partageant la production d'un artiste (nda : donc, pas encore de la culture, une simple production) a bien payé pour le faire ?"
Je vous pose la bonne question maintenant : "Comment exploiter les nouvelles technologies permettant un partage et un échange à plus grande échelle et à plus forte cadence afin d'alimenter notre culture ? Et ce tout en conservant l'effort de production nécessaire à alimenter ce tonneau des danaïdes ?"
Note, au passage, il faut absolument éviter la situation du "génotype du guépard". L'espèce est en danger pour une raison idiote : la diversité de leur gènes est est tellement faible que l'espèce ne peut plus s'adapter à un environnement changeant. Cela veut dire deux choses pour notre culture : d'abord que son alimentation doit être sans cesse renouvellée, et qu'en plus elle doit être riche et variée. Donc deux choses à éviter absolument :
- la situation "tête de gondole de la FNAC" actuelle, qui ne répand qu'une dizaine de créations à la fois
- la situation de pénurie (d'où la nécessité à continuer à encourager l'effort de production)
Personnellement, je suis un gars bête alors je regarde un peu ce qui se passe autour de moi, et je pose les questions suivantes :
- Pourquoi Nine Inch Nails qui fournit pourtant gratuitement ses albums dès leur sortie était-il cette année un des groupes les plus vendus (sinon le plus vendu sur Amazon)
- Pourquoi World Of Goo qui est pourtant piraté à plus de 90% a-t-il à un moment été le deuxième jeu le plus vendu sur Amazon ?
- Et pourquoi finalement on ne profiterait pas de la longue traine ? Cela plus une gabelle (par exemple la license globale) pourrait alimenter un gros paquet de culticulteurs plus ou moins connus
Je ne veux porter aucune accusation (si en fait, un peu) mais j'ai très sérieusement l'impression que la loi "Création et Internet" est une caractérisation de la sclérose d'une industrie mourante, qui plutôt que s'adapter comme ont pu le faire l'industrie automobile (qui s'oriente autour des services) ou de la construction informatique (IBM qui a arreté de construire des ordinateurs pour s'orienter vers d'autres branches), fait lourdement pression sur un gouvernement autocratique pour emporter la culture avec elle.
Le problème, c'est que les industries vont et viennent. Le comportement animal, lui reste. Cherchons des solutions pour aider ces industries à perdurer, quitte à les brusquer un peu à changer leur modèle, plutôt que tenter de devenir des guépards.
En attendant, je demande solennellement à ce que si la loi "HADOPI" comme on la surnomme vient à passer, le ministère de la culture soit officiellement, et par texte de loi, renommé "Ministère des Arcanes"
Time Capsule
En attendant, quelques lignes en témoignage à moi même (comme ces capsules laissées en témoignage aux gens du futur) du moi qui est naif et n'est pas encore trop amer au moi qui le sera sans doute dans quelques années.
Ceci dit, j'ai longtemps pensé que l'amertume était quelque chose de négatif. Maintenant j'en pense qu'il s'agit d'un caractere fort qui fait contrepoids au sucré et ne réhausse que celui ci
- Moi, février 2006
Je dois avoir un don de prescience un peu foireux. Il y a trois ans j'ai du avoir une vision transcendantale qui tournait autour de l'amertume et du sucre, et j'ai du interpréter ça comme le fait que je serais un mec grand sinistre et moche, ou je sais pas bien.
Sur ce plan là, ça va, toujours grand et moche, mais plus l'impression d'etre toujours aussi con et pas le moins du monde sinistre.
Bref, la métaphore de l'amertume et du sucre, ca devait être une référence à l'absinthe j'imagine :D
Informations générales sur l'absinthe, blah blah
Je vais vous raconter une petite histoire.
Nous sommes à la fin du XIX° siècle. A cette époque, le croirez vous, le vin n'était pas une boisson si populaire que cela en France, et la bière pas encore. A cette époque, à 5h, le temps s'arrêtait, et la France entrait dans "l'heure verte". Tout un chacun sortait tout un petit matériel de rituel, et les bouteilles se débouchaient, titillant nez et palais de senteurs anisées et herbacées. Le rituel de l'absinthe était un élément culturel fort, et respecté.
Mais voila, vous n'êtes pas raisonnable monsieur tout un chacun. Ce qui aurait pu rester un plaisir, vous en avez fait un vice. D'abord, je tiens à vous préciser qu'une boisson à 72°, même diluée 3 fois (donc 28° pour une boisson de 12cl), ça ne se boit pas en moyenne douze fois par jour. Ce n'est tout simplement pas sérieux. Surtout quand on sait qu'à l'époque, tout le monde n'était pas scrupuleux sur la qualité des produits...
Alors voila, je vous fais un petit tableau de la France aux alcools en 1910
- Des rues où l'ouvrier moyen tangue autant que le radeau de la Méduse au Cap Horn
- Des ouvriers moyens quand même en légère réduction parce qu'on leur vend n'importe quoi, et les pauvre, ça les rend sérieusement malade
- Des viticulteurs qui, bon, faisaient leur métier, mais avaient perdu le gros du marché
Tout ça mélangé a mené à un équivalent de loi Hadopi (lutte contre le piratage au service des majors) mené par un gouvernement un peu propagandiste et des producteurs de vin dans le rôle de Vivendi Universal. Et remarque, le gouvernement communiquait de la même façon, exemple :
[
]
Au centre du débat, moins l'éthanol et le reste que la thuyone, une substance qu'on trouve principalement dans l'absinthe (mais aussi le génépis et la chartreuse). Elle était un dangereux composé, épileptisant, etc. Même, ma bonne dame, que pour le prouver, il en avait été injecté une seringue dans un cheval, la pauvre bête était devenue épileptique (je vous jure, c'est marqué dans un livre de lutte contre l'alcoolisme de l'époque).
Bon, on plie le truc, on interdit tout ça en 1915, et hop, au pilori.
Il faudra attendre beaucoup plus tard (je vous renvoie aux liens en bas de page pour l'histoire complète) pour que l'absinthe soit de nouveau autorisée un peu partout (et des fois, par quelques détours).
Alors ça ne rend pas fou et aveugle ?
Bon, d'hors et déjà, je vous rappelle les chiffres évoqués ci-dessus. Personnellement, bien imbibé, je me considère comme relativement fou. Pour le reste, je vous livre un extrait de conversation entre Luc Santiago Rodriguez (une véritable encyclopédie autour de l'absinthe, et un homme à rencontrer)
Aggelos
La réputation de l'absinthe qui rend "fou et aveugle" pourrait avoir une raison plus profonde que la simple propagande. On parle d'une boisson extremement populaire, je ne serais pas étonné de savoir qu'il y avait des distilleries BEAUCOUP plus petites que les grandes distilleries (façon alambic des campagnes en fait).
Problème : un alcool mal préparé peut contenir en plus du méthanol un autre alcool, plus simple, qui est le méthanol. Le méthanol est facilement dérivé en acide formique (l'acide organique le plus simple) dans le sang, et peut avoir entre autres conséquences la cécité et meme l'asphixie (le sang acidifié capte moins bien l'oxygène)
Le méthanol est également appelé alcool de bois, et aurait pu venir de deux sources : alcools "bons marché" ou dégradation de la plante d'absinthe lors de la préparation. Un excès de plante aurait également pu causer un excès de thuyone... A voir, je crois moins à cette dernière hypothèse.
Tout ça est expliqué en détail http://absinthe.arthemisia.free.fr/vie.php?page=3
Luc Santiago Rodriguez
Casse-poitrine, sulfates de zinc, etc : ces absinthes "à 5 sous" étaient bidouillées dans les caves de caboulots peu scrupuleux avec des essences de provenance douteuse (mais arrivant souvent d'Italie), de l'alcool à brûler et du sulfate de cuivre. Ca ne coutait rien et ça rapportait gros. Tout cela était bien connu à l'époque et le gouvernement à toujours fait la chasse à ces horreurs. Bien que ne constituant qu'une infime partie de la production, elles ont certainement causé des ravages qui n'ont d'ailleurs plus rien à voir avec la thuyone. Les contrefaçons d'alcools n'était pas réservées à l'absinthe, bien évidemment.
Mais alors, l'absinthe ?
Et bien elle est légale en France aujourd'hui, à peu de choses près. On n'a pas le droit de vendre des "extraits d'absinthe" ou de "l'absinthe" sur la bouteille, mais on peut vendre des liqueurs aux plantes d'absinthes, spiritueux aux plantes d'absinthe, amers au plante d'absinthe...
C'est malheureusement devenu une boisson très "bourgeoise", la taxe sur l'alcool et la petite production en faisant un produit qui a rarement un prix "raisonnable" (en moyenne, la bouteille de 70cl coute vers les 50€, et les meilleures sont bien plus chères). En tout cas pour les vraies absinthes de qualité, distillées (vous pouvez trouver des produits qui se qualifient d'absinthe mais ne seront pas beaucoup mieux que des bons pastis pour moins cher).
Par contre... Etre absintheur est un plaisir dans beaucoup de sens, que l'on soit collectionneur ou consommateur, mais je reviens la dessus un peu plus tard.
Lorsque je fais découvrir cette boisson à des amis, cela ne rate jamais : lorsque je sors le matériel (verres, fontaine, cuillers, bouteilles, sucre, etc) les yeux s'écarquillent. Oui, parce qu'en bon absintheur, j'ai tout ce qu'il faut.
- Les verres ont en général un réservoir, la plupart du temps (mais pas toujours) une marque pour la dose.
- La fontaine est souvent objet de beaucoup de questions : l'absinthe se sert en versant de l'eau très fraiche sur un sucre, au goute à goute. Les moyens pour le faire sont nombreux, la fontaine reste un des plus sympas (avec le brouille absinthe à balancier)
- Les cuillers sont de formes variées et simplement en avoir un choix fait partie du plaisir
Vient ensuite la dégustation :
- Olfactive, la richesse et la complexité des parfums surprend souvent
- Visuelle : la couleur et le trouble sont deux choses qui s'apprécient
- Le goût enfin : ceux qui s'attendaient à quelque chose se rapprochant du pastis à cause de l'odeur d'anis en reviennent rarement
Encart : ON NE FLAMBE PAS L'ABSINTHE !
Classiquement, l'absinthe est préparée de la sorte :
- Une dose au fond du verre
- On pose la cuiller sur le verre, et un morceau de sucre (plus ou moins gros selon les gouts)
- On verse de l'eau très fraiche sur le sucre, goutte à goutte, pour le faire fondre, et on complète à raison de 2 à 4 volumes d'eau pour un volume d'absinthe.
Le fait de faire flamber le sucre a été introduit par les tchèques, et vulgarisé par le cinema. Mais cela dégrade l'absinthe et déteriore son gout.
Remember kids : "friends don't let friends burn absinthe"
On parle d'une boisson à mon sens formidable, parce qu'il existe une forte diversité dans les goûts : selon deux grands axes, anisées et herbacées, et avec beaucoup de variantes
- Absinthes plutôt douces ou fortes (bizarrement, l'excellente absinthe de Marylin Manson, la mansinthe, est une herbacée extrêmement douce)
- Fruitées ou plus sur les plantes
- Plus ou moins amères
- Avec d'autres notes plus caractéristique de telle ou telle absinthe : résine, fruits, fleurs, confiseries...
Je vous livre pour une même absinthe, la coquette, deux analyses, là encore, une de Luc Santiago Rodriguez, et la mienne :
Une avalanche de saveurs qui ne laisse pas le temps aux papilles de faire le tri au début. C'est définitivement une absinthe herbacée car l'anis vert, d'ordinaire vivace en attaque dans l'absinthe, n'est pas ici très perceptible. Cette entrée en matière est l'esquisse d'un développement aromatique bien marqué qui s'oriente vers la plante d'absinthe. L'impérieuse Artemisia préside, accompagnée de légères notes fruitées confites et de touches florales aériennes : le mariage des plantes n'en laisse aucune prendre l'ascendant. Fraîcheur herbacée, aromes fruités du fenouil et d'alcool de vin goutu (rapellant celui des grandes absinthes historiques) : le profil herbacé est nouveau dans le paysage des absinthes actuelles. Pas aussi végétal que la Belle Amie, mais beaucoup plus printanier. Alliance surprenante de force et de douceur, La Coquette dévoile surtout une intensité aromatique peu commune. Les arômes sont puissants et concentrés, directs et cependant très fins : une main de fer dans un gant de velours ! On songe fortement aux références du genre...
Aggelos
Je parlais de feu d'artifice donc. Sachez le, chaque mise en bouche est impérieuse. Ce n'est pas une absinthe timide, elle réclame de l'attention. Mais la garce est généreuse. Un peu jeune, la petite pointe d'anis se suit tout de suite par les teintes d'agrumes ou de fruits confits, et teintes florales (et je regrette de n'avoir pas encore le palai assez fin pour tout découvrir, il me faudra encore du temps). Ce premier déploiement est rejoint en bon temps par l'amertume de la plante, qui... Je ne sais pas comment l'exprimer autrement, mais pour ceux qui comprendront, c'est la marque de la différence entre un écrivain mature et avec un vécu riche par rapport à un écrivain un peu jeune. Une sorte de force de caractère.
C'est oxygénée et vieillie un peu qu'on retrouve ce que Chris disait : le miel en premier, qui accompagne les fruits sur une longue note ronde, et au retour de la plante, donne l'impression de se changer en verveine. Un pur régal.
Je ne suis pas très amateur de boissons trop sucrées, donc mon conseil serait sans doute de réduire le sucre au strict minimum (avec le temps, un demi sucre devient presque de trop dans mes gouts, il sature mes papilles et ne me permet pas de gouter les notes les plus ténues) pour ceux qui partagent ce gout.
Feu d'artifice donc, parce que c'est une absinthe avec une magnifique chorégraphie pyrotechnique : de l'ouverture, avec des petites effluves de feux du bengale, deux marrons d'air pour l'anis, quelques petites bombes en grappe pour les fruits, et les grosses bombes pour la plante, avec un bouquet final qui ne se révèle qu'avec le temps.
La voie du collectionneur
L'amateur de beaux objets va parfois s'enticher pour les objets d'époque, et Dieu sait qu'ils sont nombreux : cuillers, pichets, fontaines, verres, coupes à sucre, brouilles, topettes, mais aussi affiches, objets publicitaires, etc.
Marie Claude Delahaye a rédigé un ensemble d'excellents livres sur ces sujets. Mais c'est un chemin semé d'embuches : étant donné que le simple mot "absinthe" peut faire doubler le prix d'un objet (qui peut être d'hors et déjà relativement élevé), il y a un véritable marché de la contrefaçon et du faux ami (on vous vendra une cuiller a sucrer ou une fourchette comme cuiller à absinthe, ou un verre à sirop comme un verre d'époque).
Cela dit, on a parfois le plaisir d'une affaire, et le plaisir d'avoir un vrai objet d'époque, d'excellente facture, pour un prix inférieur aux reproductions. C'est une affaire d'oeil, d'habitude, etc.
Les audacieux tenteront e-bay, qui est rempli de contrefaçons, les traditionnalistes et rétrogrades, comme votre serviteur, préfèreront les brocantes.
Le pari
Pour ceux qui me lisent avant demain soir, il y a un bar à côté du point de rendez vous du Paris-Carnet qui est spécialisé entre autres dans les absinthes, et en vend des très bonnes. Je vais m'y rendre pour gouter une Jade (les Jade sont des absinthes haut de gamme façonnées d'après des recettes historiques par l'ex bio-chimiste de la Nouvelle Orléans Ted Breaux) avant peut-être de l'acheter ce week end. J'invite quiconque est curieux à me suivre avant d'avoir mangé (pour savourer au maximum), et je m'engage à vous choisir un verre selon vos gouts.
Les liens
Si vous êtes curieux, et parce que je suis très loin d'avoir couvert le sujet, je vous renvoie aux liens suivants :
- la page wikipedia, très complète
- l'heure verte, site de référence francophone sur le sujet, animé par Luc Santiago Rodriguez - N'oubliez pas sa page "liens", certains sont à voir absolument
- le musée virtuel de l'absinthe
- le site de la boutique "Vert d'Absinthe", tenue par, toujours le même on ne va pas le renommer
Si on faisant des bâtiments comme de l'informatique aujourd'hui
Petit article humoristique : le but de l'exercice est de construire une maison. Voyons comment ce serait fait si c'était traité comme dans l'informatique
Le théorème Kurumada
Toute discussion continue a une probabilité de trouver une discontinuité enchainant sur Saint Seiya (les chevaliers du zodiaque) tendant vers 1 à mesure que la conversation progresse
Illustration : Romans qu'il nous faudrait encore lire -> auteurs du 19° siècle, de préférence russes -> romans inachevés -> l'étranger de Camus -> Chevalier du verseau
[Citations] The truth about Maurice
Maurice, plus encore que Steven Seeagal, c'est une reincarnation de Bouddah
Clément
Maurice c'est Chuck Norris
Kerdekel
Faut qu'on arrete les soirées à deux
Développement Agile appliqué à la drague
L'idée du développement agile est de réduire les écarts entre les itérations. Voici donc deux petits diagrammes qui expliquent bien pourquoi la méthode Agile (dite méthode Kévin) marche beaucoup mieux pour la drague que la méthode classique (dite méthode bobo)
Citation du jour
Many people, meeting Aziraphale for the first time, formed three impressions: that he was English, that he was intelligent, and that he was gayer than a tree full of monkeys on nitrous oxide. Two of these were wrong; Heaven is not in England, whatever certain poets may have thought, and angels are sexless unless they really want to make an effort.
Terry Pratchett & Neil Gaiman - Good Omens
J'adore ce bouquin, je vous le recommande chaudement.
Oh, et en private, pour une personne avec qui j'ai eu un passionnant débat théologique, je lui dirais de jeter un œil dans les écrits de Salomon, dans le 5° chapitre.
Du pardon
Le pardon est chose difficile, car à l'instar de l'amour il est covalent. On considère que le plus dur est de l'accorder à la personne qui a fauté envers soi. C'est déjà fort vrai.
Mais quand on a fauté et qu'on a été pardonné par celui ou celle que l'on a lésé... Quelle solution si on est incapable de se pardonner à soi même ?
Quizz madeleine de Proust
Alors je récupère un petit quizz qui vient de chez Palanchon relayé par Fotrebelche.
Quand l'ami Proust a trempé son biscuit (sic), il s'est souvenu de son enfance. Quelles sont les plus fortes association sensation/souvenir pour les sens suivants chez vous
Hum bon ok, c'est pas formulé de façon super fine, mais le quizz m'amuse.
Toucher :
Pas facile foutrediable... Le contact de l'argile est assez violent, il déclenche pas mal de choses chez moi
Argile -> Craie -> Ecole primaire, exercices sur ardoise
Argile -> Terre cuite -> mes ocarinas, periode autour du bac, la fin de mon adolescence difficile
Gout :
La pate de coing, ça me renvoie chez ma grand mère quand j'étais tout gamin
Odorat :
L'odeur synthétique de pêche. Ca me rappelle mon premier amour. Conséquence, c'est relativement érogène chez moi (oui, un des meilleurs moyens de me draguer est de se shampouiner avec un shampooing à la pêche)
Vision :
La couleur bleue. Il y aurait trop à en dire, donc je ne développerai pas. Mais ce n'est pas innocent s'il y a beaucoup de bleu dans ma vie (par exemple le fait que tout est bleu, ou presque, chez moi)
Ouie :
J'en ai déjà parlé, je réagis aux chansons... Et la encore, avant de faire la liste. Allez, pour curiosité
- David Bowie : Something in the air - Ma dernière rupture
- Michel Sardou (oui, je sais) : Le France - Mon grand père, qui adorait m'entendre la chanter
- Guy Béart : l'eau vive - Ma moman me chantait ça quand j'étais tout bébé, je la fredonnais avant de savoir parler, mes premières années
Voila voila. Donc, donc, donc... C'est le moment du planter de baton passage de relais. Alley, ce sera pour Nim, Muriel, Thanh, et Matthieu (celui au blog new age, pas celui qui vit avec une personne sus-citée)
De la licence orthographique
Chers lecteurs,
Mon ami Mega remercie ses lecteurs de le rappeler à l'ordre avec l'orthographe. Et pour cause, il n'utilise pas de correcteur.
De mon côté, j'en utilise un, il est bien paramétré, et ne sert pas à grand chose attendu qu'en CP j'avais le record de bon points grâce à l'excellence de mes dictées (diable, j'ai même eu 10/10 à la dictée au brevet)(bon ok, je l'utilise pour les -emment/-ament/-amment des adverbes).
Notez qu'au passage, je relis mes articles, et je vois les fautes qui seraient restées. Mais vous savez quoi ? Le plus souvent, je les ignore sciemment. Elles sont à mon goût suffisamment peu nombreuses pour que les quelques unes qui restent (même grossières (surtout grossières en fait)) laissent ce que je considère pour moi même comme un petit charme, une sorte de licence. Et si vous faites attention, relisez les poèmes éparpillés sur ce blog, rares sont ceux qui n'en présente pas une ou deux
NB : ceci n'est pas une attaque personnelle envers ceux qui m'ont ou auraient voulu me corriger, c'est juste une prise de position.
Dreamin' again...
J'ai pratiquement perdu mon âme il y a quelques mois. Il faut pour comprendre revenir à l'époque où je suis rentré en école d'ingénieur. Aussi bizarre que cela me paraisse retrospectivement, je m'y suis fait des amis. Nous sommes radicalement différents, ils sont de la trempe des requins, au sens où ils gèrent leur carrière de façon millimétrée, et nécessairement, leur salaire va de paire.
A les fréquenter je me suis pris à envier leur réussite et leur ambition. Au point que ces derniers mois, je ne voyais qu'une chose : comment quitter mon boulot actuel pour participer au concours de taille de bite et de carte bancaire. Et j'arrivais pas à me sentir bien.
Cet été, je me suis exilé un peu, je suis descendu chez mon grand frère pour une semaine, vers Toulon.
Je crois que ça m'a fait beaucoup de bien. D'une part j'ai redécouvert mon grand frère, sous un jour très différent (nous n'avons pas grandi ensemble, il faut dire). D'autre part, j'ai redécouvert ce que signifie vivre. Arrivé à Toulon, je me suis fait envahir par les odeurs (pin, eucalyptus, iode...), les sensations tactiles (l'air chaud et la bise humide du soir, le sable sous les pieds, le sel sur la peau...) et bien sur le goût auprès d'un cuisinier et de ses camarades de l'art du palais :)
Et puis il y a eu cette chanson... Gone, de Jack Johnson. Lui l'écoutait pour la musique, moi les paroles m'ont pris aux tripes, tout de suite.
Et puis il y a eu le retour a Paris. Des amis comédiens professionels m'ont demandé de m'occuper de la gestion de leur compagnie. J'ai repris la commedia. Je me suis occupé de mes amis. Et j'ai commencé à me rendre compte que ma vie c'est ça. Ma vie, ce n'est pas courrir après un salaire qui ne me servira à rien attendu que je suis déjà en mesure d'acheter sans réfléchir beaucoup à ce que ça me coutera tout ce qui pourrait bien me faire envie.
Et puis, j'ai découvert que certains de ces amis que j'enviais me trouvent plus riche de toutes ces choses qu'eux n'ont pas et me les envien. Ironie.
Je crois qu'une chose s'est brisée... Comme une illusion projetée sur un mur de nacre en formation. Maintenant j'essaie de reprendre pied dans ce que j'allais perdre, c'est un pour cela que ces derniers temps je suis peut être un peu plus pensif, fantasque ou même extravagant.
Et depuis quelques temps je rêve à nouveau...
Avec une précision inouïe.
Je fais souvent ce reve etrange et penetrant...
Instant Freudien... Je me réveille tout perturbé après un des rêves les plus perturbants qu'il m'ait été donné de vivre.
Je me mariais. Avec une fille que je connais bien, vu que c'est avec elle que j'ai vécu ma plus longue relation, mais exactement la personne avec qui je ne pourrais pas. Et pourtant, je me mariais avec elle, et tout se passait dans le village de campagne ou j'ai passé toutes mes vacances enfant.
C'était absurde parce que j'ai rompu avec cette fille parce que je ne voyais pas une relation longue s'installer. C'était absurde parce que ma mère était heureuse, alors que ma mère trouvait cette fille "pas assez bien pour moi" (elle n'aime pas que je lui rappelle d'ailleurs). Mais le plus absurde c'est que malgré tout cela me rendait heureux
Et l'absurdité de ce mariage me faisait paniquer dans le rêve (pas au début, au début seule était présente l'angoisse du futur marié), et je cherchais le meilleur moyen de m'en sortir. Il fallait en discuter et annuler. Mais on était à trois jours de la cérémonie, et tout le monde était déjà sur place. Il fallait prouver que ça ne pouvait pas durer... Mais elle attendait un enfant, et nous étions en train d'acheter un appartement
Rien n'y a fait. Même un mécanisme usuel de mes cauchemars (je dois prendre le train, je suis en retard ou n'ai pas de billet, et cela perturbe le flot du rêve) n'y pouvait rien. Pire ! Je me suis réveillé dans mon rêve, en me disant que tout allait bien, que j'avais rêvé... Pour me rendre compte que je n'avais rêvé que l'angoisse et que mon mariage aurait bien lieu (d'ailleurs j'ai rêvé deux fois que je me réveillais d'un rêve cette nuit).
Et j'étais heureux
Et j'étais mort d'angoisse
Le sommeil paradoxal s'est terminé avant la cérémonie
Bernard Minet reviens !!!
(a chanter sur l'air de "Jesus Reviens")
On nous avait fait le coup du générique minable pour Prison Break... Et bah rebelotte, générique français moisi façon eurovision pour la seule série américaine que je juge absolument excellente pour ces dernières années... Heroes, qui sera diffusé sur TF1, avec le generique "le heros d'un autre", que vous trouverez a droite a gauche sur les intertubes
Allez, je vous la fait Bernard Minet, pour le plaisir
Ils se bat à New York
Pour nous défendre du mal
Nakamoura Hero
Notez, je pars du principe que Hiro Nakamura a été renommé Hero Nakamura, et non pas Hero Berlean, comme dans toute bonne adaptation pour TF1 de la grande époque
Il combat les mechants
Plie l'espace et le temps
c'est lui Hero
Troisieme couplet !!!
Aidé de ses amis,
Nathan et Pierre Petrelli
Il sauvera l'humanité
Et va tous nous protéger
Notre heros... C'est Hero !!!
REFRAIN
Hero, Hero, tu ne viens pas de France
Hero, Hero, mais ta force c'est d'aimer
Hero, Hero, puissant guerrier en transe
Hero, Hero, tu vas tous nous proteger
Et ramener la paix
L'amour et l'amitié
Sur la terre... Et dans l'univers !!!
Voila, à imaginer joué sur un clavier bontempi avec la voix de Bernard Minet.
C'est cadeau, et je vous l'offre en creative commons
Melancolie du mercredi soir
Et si on se rendait compte un jour que tout ce qu'on a construit dans un seul et unique but nous éloignait in fine irrémédiablement de ce but que l'on voulait atteindre ?
Morceau du moment : GITS-SAC-OST-1-14
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