Agapé dans mon canapé

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Ame soeurs ?

Mes parents voulaient que je fasse de la musique. Eh, vous moquez pas dans le public, je sais que je suis pas le seul dans cette situation.

On avait une école de musique à 10 mn à pied de la maison, et sitôt que j'ai été en age d'y aller, j'y ai fait mes premières classes.

La première année, c'est un peu l'éveil musical, et dans mon patelin, ils ne collaient pas tout de suite un gamin sur un instrument un peu "avancé", c'était flute à bec pour tout le monde. Un peu comme au collège, pour toi, j'imagine.

Les gens disent beaucoup de mal de la flute à bec, moi j'ai appris sur une petite merveille en poirier que je tenais de ma mère (et qui n'a pas survecu à un chahutage au collège... Elle jouait faux d'un ton, certes, mais quel son...). Ca a peut être beaucoup joué, la conclusion est que c'est un instrument que j'adore. Il faut juste le sortir de son contexte de "flute plastique pour jouer l'ode à la joie". Il y a moyen de faire des choses formidables avec une flute à bec.

Mais là n'est pas le débat (sauf si tu veux, mais bon). La deuxième année est arrivée, et il a fallu faire un choix. Initialement, j'avais demandé à faire flute à bec avancée (oui, le cours existait), mais l'hésitation de mes parents fut de courte durée.

Bah, de toute façon, je savais de quel instrument je voulais jouer, c'était une évidence pour moi. Il y en avait un, avec sa belle couleur argentée, le maintient élégant qu'il impose, et le son qui enchante, qui m'appelait. Oh, et c'était un bois. Au vu de mon expérience avec la flute à bec, je savais que les bois c'était pour moi.

A mes parents, j'ai défendu que je voulais faire de la flute traversière.

Las, ils n'ont rien voulu entendre. Ils avaient trois enfants qu'ils voulaient musiciens, leur choix était arrêté, ce serait le piano (d'autant qu'ils pensaient que quiconque sait jouer du piano peut jouer de n'importe quoi... J'aimerais coller l'idiot qui leur a fait croire ça sur la harpe de ma douce).

Le piano et moi, c'est une histoire douloureuse. J'avais une prof sévère. Elle m'aimait beaucoup, mais à la dure. La pauvre, elle pensait que j'étais extrêmement doué, mais fainéant. C'est surtout que le piano était une corvée pour moi. Pensez, être forcé à jouer 30mn par jour d'un instrument qui ne vous inspire pas.

Ajoutez à ça que mon père aimait faire de l'excès de zêle par rapport aux recommandations des profs, quand il s'agissait de moi. Je me revois encore jouer du piano les mains sous un grand cache en carton, pour que je ne les regarde pas. Du Czerny. Personne n'aime Czerny. C'est fait pour ne pas être aimé, c'est du putain d'exercice idiot.

Proust disait que le verbe lire ne se conjuge pas à l'impératif. Jouer non plus. On parle bien de jouer d'un instrument, dès lors que c'est une corvée ça n'a plus d'intêret.

Et pourtant, j'ai persevéré. J'ai fait 7 ans de piano, les trois dernières années comportaient deux redoublements, trois échecs. J'avais atteint une barre. Moi Bach, je peux pas, désolé. Bon sang, je n'ai même pas fait 7 ans d'affilée, je me suis arrêté un an ou deux pour "grandir", et j'y suis revenu de moi même. Mais non.

Ah si, il y avait une chose à laquelle j'excellais : le ragtime. Bon, je vous l'accorde, j'ai pas franchement les mains qu'il faut pour jouer du Scott Joplin sans adapter la partition (faut voir le bordel), mais ce bordel de contretemps et de syncopes, c'est tout moi :) La ou il me fallait un mois pour faire deux lignes d'un Bach, il me fallait une semaine pour caler un quatre mains en rag.

Note, je ne hais pas le piano. Je suis content de me mettre de temps en temps derrière les touches et laisser mes mains retrouver les deux trois morceaux que je jouais régulièrement avant d'arrêter. Mais vraiment, ca ne vaut pas grand chose. Je n'en connais même pas un en entier.

Flash forward, nous sommes fin mai de cette année. Je suis chez une bonne amie, qui va déménager. On discute de tout ça, de mon envie parfois d'essayer le flutiot de traverse, et elle me dit "écoute, j'en ai une, je veux bien te la prêter, mais pas plus d'une année". J'ai accepté, naturellement, fou de joie.

Alors en ce moment j'ai une vieille Yamaha d'études qui n'a pas joué depuis des années. Elle est mouchée de taches, elle a un peu de jeu. Mais elle est là (et oui, je compte bien la faire restaurer).

Il y a eu la rencontre  : la découvrir, savoir la monter, la porter. Puis le premier baiser : maladroit au possible la première fois, puis on apprend et on prend gout. Les premiers ébats : l'aventure des doigts maladroits du garçon inexpérimenté qui conduit à des gémissements douloureux.

Mais je l'ai vite compris : il y avait un truc qui collait entre nous. Je vais avoir besoin d'un professeur bientôt (inscription au conservatoire en septembre si tout va bien). Mais pour l'instant tout semble tellement naturel. Je sais que je fais des erreurs. Je sais que  je prends des mauvais plis. Ma posture est mauvaise, mais je comprends je pense assez vite ce qui ne va pas. Mes lèvres mal placées. Mais les progrès se font nettement. A chaque fois c'est la même sensation : ça fonctionne, mais ce n'est pas naturel. Et là ? C'est mieux, puis retour ultérieur à la case départ. Il faut que je ressente les choses se faire naturellement. Je sens que si je force, c'est qu'il y a un problème. Et dans le naturel, tout vient naturellement. J'en suis parfois surpris, comme cette fois ou, montant mes gammes pour explorer l'octave supérieure, je me suis rendu compte a posteriori que ce n'étaient pas les doigtés qui changeaient, mais le souffle... Et je l'avais fait sans même y réfléchir. Et surtout, au bout d'un mois et demi, je prends toujours plaisir à jouer jusqu'a 1h30 de flute par jour.

Nul doute qu'il y aura des corrections à faire, un autodidacte fait plein d'erreurs. Mais je crois que je n'ai pas à rougir du chemin que j'ai déjà fait.

Il y a deux semaines, j'ai montré à mes parents le fruit de trois semaines de travail, commençant au moment ou j'avais recu la flute. Ils m'ont vu découvrir la flute. Ils ont vu le résultat de cette semaine. Je revois la culpabilité dans le regard de ma mère. Et mon père a publiquement avoué qu'ils s'étaient plantés.

Soupe froide de carottes et mangues, nems de saumon au radis blanc et soja

Hier soir, je recevais dans un appart tout neuf deux amies, et après un week end bien chargé, j'avais envie d'un repas léger et frais.

N'étant pas en manque de galettes de riz, je voulais un repas de poisson, avec un salé sucré. Ni une ni deux, voici le menu, pour 4 personnes

Soupe froide de carottes et mangue

Ingrédients :

  • 3 belles grosses carottes
  • 1 mangue
  • Coriandre
  • Idéalement, sichuan

Etapes :

  • Epluche tes carottes
  • Epluche la mangue, denoyaute la
  • coupe tout en gros dés
  • Direction la cocotte minute, avec un bouillon cube, 15mn sous pression suffisent
  • Ajoute du sichuan moulu, et la coriandre
  • Presse la soupe
  • Dresse 4 portions, mets à refroidir  (je conseille des petits bols, sur la fenêtre, puis au frigo)

Nems de saumon

Ingrédients :

  • Deux pavés de saumon
  • Un quart de radis blanc
  • Du soja en proportion similaire
  • Basilic
  • Une pointe de sauce soja pour les amateurs
  • Des grandes galettes de riz

Etapes :

  • Epluche le radis, et rape le
  • Lave et hache le soja finement
  • Si tu as du basilic frais (mieux) hache le finement aussi
  • Fais revenir ton saumon à la poile
  • Emiette le dans un bol, ajoute le soja, le radis, le basilic, et presse un bon coup pour evacuer le jus
Pour faire les nems, il faut un torchon sec et propre, un saladier et un plan (comme une planche à découper).
On peut tremper les galettes trois par trois dans le saladier plein d'eau quand on a le coup de main, mais il faut faire attention à ce qu'elles n'aient pas de défauts. L'eau tiède marche bien.

Alors, tu sors ta galette, tu la poses sur le plan, bien à plat, et tu mets une petite quenelle de préparation qui doit faire deux tiers de l'épaisseur à peu près en long, au haut ou au bas de la galette (essaie les deux, c'est au feeling)
Ensuite, tu roules fermement ta quenelle dans la galette, et arrivé au milieu, tu ramènes les bords vers le centre avant de continuer à rouler. Quand ton nem est terminé, tu le mets sur le torchon pour qu'il sèche un peu (ca le rend plus facile à manipuler)

Ensuite, dans un four que tu auras préchauffé à 215/220 (donc en gros du termostat 7), tu fais secher un peu tes nems, 10 mn de chaque coté, et tu reposes tes nems sur un torchon.

Finalement, tu mets un peu d'huile dans une poêle, et tu fais dorer tes nems de chaque côté.
C'est prêt à servir.

Il est temps de quitter Netvibes

Ca va, il y a un moment ou je veux bien être gentil, passé ça, ça gonfle.

Or donc, Netvibes était à l'origine une petite française très sympathique, qui avait un produit qui était simplet et marchait bien : genre un espece de concurrent de iGoogle, esthétique et fonctionnel.

Tu parles qu'avec ça, ils étaient au top, et du coup ils ont eu plein de bonnes idées : rajouter une foule de widgets (perso, a part twitter et ebay, cela dit...), une API universelle (bon ok) et des possibilités de personnalisation.

Perso, j'ai toujours trouvé que ce qui était le plus agréable d'un changement à l'autre de Netvibes, c'était les évolutions de ces possibilités de personnalisation, et l'évolution graphique globale (même s'il y a eu des cahots). Oh, et je dis pas ca parce que leur ancien lead designer est un pote, je le pense.

Du coup, depuis très tôt, j'étais à l'affut de toutes les bétas, je voulais gouter de tout ce qui arrivait, et c'est vrai que Wasabi, ca promettait.

Bon, bah Wasabi me fait quitter Netvibes.

Ca ne fonctionne pas leur bordel ! Je ne veux pas que le site d'un de leur clients se retrouve dans mes pages perso netvibes uniquement parce que j'ai navigué dessus, je n'en ai rien à foutre de leur recommandations de widget, avec leur pseudo popup emmerdante qui tombe toutes les semaines. Comment pouvez vous prétendre que vos recommandations sont personalisées, Netvibes ? J'ai une utilisation stable, donc tout ce que j'y trouve, c'est vos sponsors. Et j'ai beau tout effacer diligemment toutes les semaines, ca revient.

Mais surtout... Surtout... C'est le coeur de Netvibes qui ne fonctionne plus ! J'ai des articles non lus sur certains feeds qui ne s'affichent pas, à l'inverse, j'ai des doublons d'articles en vue lecteur et vraiment, ce qui me gonfle, et qui doit gonfler tout utilisateur sain de netvibes...

Le bordelique "hop, je remets tous tes status à "non lu" ". NON ! FUCK NON ! J'utilise un agrégateur pour faire de la veille, et j'ai des feeds de 10 km de long, répartis sur 7/8 onglets ! Le matin, j'aime me lever, allumer mon agrégateur, et voir tout ce qui s'est passé depuis la dernière fois ou je l'ai consulté. Ce reset me donne l'impression de tout reprendre à 0, de tout perdre à chaque fois.

A un moment de ma vie ou je dois professionnellement faire de la veille, et personnellement être au courant de certaines infos avant tout le monde pour un fanzine que je viens de monter, c'est tout simplement inadmissible. Et pourtant j'ai été patient. Je l'ai signalé, gentiment, maintes et maintes fois, avec à chaque fois, de gentils messages "oui, oui, on s'en occupe".

Mon CUL oui ! Tout ce qu'on voit, c'est des infos pour les utilisateurs corporate qui veulent pousser de l'information, pas pour le petit client qui a fait le succès de cette boite).

Donc voila, Netvibes, ca fait bientôt 5 ans que j'avais ca en page de démarrage, va falloir bouger le cul du psycho rigide que je suis, et partir sur autre chose. Ouvert à suggestions.

Oh, et ne me dites pas que Netvibes va s'améliorer. En plusieurs mois, vous pensez bien qu'ils auraient eu le temps de le faire. Ou alors ils ont été racheté par voyages-sncf, je vois que ca.

Avant que le coq chante

26.33
Pierre, prenant la parole, lui dit: Quand tu serais pour tous une occasion de chute, tu ne le seras jamais pour moi.
26.34
Jésus lui dit: Je te le dis en vérité, cette nuit même, avant que le coq chante, tu me renieras trois fois.
26.35
Pierre lui répondit: Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. [...]

J'imagine qu'il m'aura fallu tout ce temps pour le voir... Une amie me disait "Dieu est pardon" :)

Euthanasie - La pie voleuse

Je viens de twitter l'excellent texte de Sir Terry Pratchett sur l'euthanasie, et j'aimerais approfondir.

J'aimerais approfondir sur le sujet, en livrant ma position personnelle sur celui ci.

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Araignée Homme, Araignée Homme

Pendant les vacances de noël Guinguin Quinquempoix, comme beaucoup de gens, a entendu parler d'un flim qui se serait appelé Avatar. Sa nièce en parlait souvent en disant que c'était une formidable épopée initiatique tournant autour de la métaphore animiste, avec un heros pétomane. Pas en ces termes, bien sur, c'était plutôt "Avatar c'est 'eu mait' du vent !"

Longtemps il s'est dit que ces gamineries n'étaient pas pour lui, mais voila, Guinguin n'a pas d'amis, et le soir du réveillon de noël, vu qu'il est tout seul attendu qu'il s'est faché avec sa soeur (faut dire qu'il avait traité la petite manon de demeurée parce qu'a trois ans elle ne comprend rien à la numismatie), il se dit, dans un élan d'esprit de Noël, "foutrechantre, j'irai bien me faire une petite toile".

Le voila rendu au pathé du paté (de maisons, il habite intra muros, où les cinemas et les mac-dos sont plus nombreux que les 2 pièces meublés)
pour voir la séance en 3D, mais en français. Diable pauvre homme, il est sur les rotules quand il voit que le prix de la place est équivalent au prix de la pièce de deux roupies de 1924 qu'il vient d'acheter avec le reste de ses économies du treizième mois.

Aussi, il reprend le long chemin qui le ramène chez lui (chez le megalopolitain moyen, une distance de plus de 100m se fait en taxi, et les vélibs ne circulent pas sur la neige) et se pose morosement devant l'ordinateur.

"Mais ! " s'écrie-t-il plusieurs fois étant donné que l'écho des grands pièces vides lui répond "c'est bien sur !"

Ce qui est bien sur, c'est qu'on pouvait trouver des flims sur internet, qu'il a pour chiner sur ebay, a-t-il entendu. Sitôt dit, sitôt fait, il va sur yahoo answers et demande "comment fait-on pour télécharger un film sur le web".

Un grammar nazi qui passait par la lui répond immédiatement, et fort à propos, même si c'est à côté de la plaque, "En français on dit toile, et pas web" (si si, c'est marqué là ).

Et c'est dans ce moment d'épiphanie que Guinguin vient de réaliser quelque chose : dans leur recherche effrenée de protection de la langue française, les torche-culs neologisateurs ont réussi à sauver notre bel argot.

Car si on a de moins en moins les moyens de se faire une toile, on peut enfin, et toujours se faire une toile :)

De l'art du rasage

Parce que se raser est un rituel qui peut devenir un vrai plaisir, voici un petit billet pour les poilus :)

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A propos de gougueule wéve

Bon, allez, les gens, gros bon sens.

Quand j'étais gamin (ouh, il y a dix ans déjà), j'utilisais souvent des services de chat en salon. Un peu comme les djeun's d'aujourd'hui parlent en "multi" sur MSN.

Autant à l'époque ça m'amusait beaucoup, autant je constatais très vite qu'on quittait le plus vite possible la conversation de groupe, bruyante, pour aller s'isoler en privé. Et les multis, les joueurs des jeux que j'animais ont bien essayé de m'y faire participer, mais non, sérieux, je ne peux pas.

Et puis, quand j'étais gamin, il y avait un truc, on appelle ça ICQ. Ca existe toujours, et à l'époque c'était infiniment plus robuste que MSN, et ca avait plein de features, mais bon, c'était assez moche, et la notification de nouveaux messages t'arrachait les oreilles. Ca doit être pour ça que c'est encore utilisé par les allemands (et je vais me prendre un coup pour celle la).

Dans ICQ, il y avait une feature, c'était le chat en temps réel. Tu tappais, ca s'affichait direct chez tes petits amis. Et oui, madame, et oui, monsieur, même en 56k, je vous le fais pas dire, à l'époque on savait réflechir sur la technologie.

Bref. Ca on l'utilisait jamais. Facile à comprendre pourquoi : t'as pas envie de passer pour un con, donc il t'arrive souvent de reformuler tes phrases à l'écrit (la preuve, celle la je viens de la corriger deux fois) (note, ca ne me dérange pas de passer pour un con en plus).

Bref, arrive Wave... Un machin hypercollaboratif temps réel.

Bon outre le fait que tu peux l'utiliser qu'avec des potes qui l'ont aussi, et que par conséquent certains ont vécu cette situation:

OUAIIIIIIIIIIS ! J'ai une invitation Wave !!!!!!
Qui veut jouer avec moi ?

(bruit de criquets)

ca combine deux des aspects qui m'exaspèrent le plus. Donc, venez pas me parler d'overhype, c'est juste que j'en déduis que les journalistes ont une moyenne d'age de moins de 23 ans.

CQFD

Civière et coups du lapin

Or donc monsieur Raphael (qui a l'air d'un ange, mais en fait c'est un diable de l'amour il parait) nous gratifie parfois, au détour d'un matin morne ou tu voulais boire un nesquik pour te réveiller mais, tant pis, il y a toujours des bons blogs, nous gratifie donc parfois (faut que j'arrête de m'interrompre), NOUS GRATIFIE PARFOIS ET TA GUEULE MAINTENANT, donc d'une analyse profonde des plus belles paroles de nos chansonniers préférés.

Et il s'avère qu'aujourd'hui, essayant d'egayer ma journée, qui manquait quand même un tout petit peu d'homosexualité discrete (par exemple pas comme Christian Clavier dans la cage aux folles), je retourne me tirer un sourire botoxé aux bons mots en lisant ses petites productions.

Ne voila-t-il donc pas qu'il nous a offert un grand texte ? En repensant à la puissance de ces paroles j'en ai encore des frissons, mais permettez Pluto


Les lapins
Paroles Raphaël Chabloz
Musique Guido Bontempi
12 semaines numéro 1 du top 50 scandinave

 
Déjà on sent l'effet d'annonce. En effet Guido Bontempi était, et on ne le dit jamais assez, le fidèle compagnon de Bernard Minet lui même !

Ecrire des chansons c’est pas facile



Tu m'étonnes, à chaque fois je me plante, personnellement. Un truc de dingue, je voudrais faire des trucs joyeux qui mettent du baume au coeur mais TF1 pense déjà à utiliser certains de mes tubes à la place des reportages sur l'insécurité avant les prochaines élections. Saluons donc l'effort.

Il faut trouver des tas de rimes
Des métaphore pas trop futiles



Grosse différence avec la poésie en fait. Le poète espère être immortel et compris dans 150 ans, ebahissant un professeur de français de 4° "non mais vous vous rendez compte ? Personne ne l'avait vu, mais la référence au St Nectaire qui est lentement distillée dans le texte est en fait un cri de protestation contre la dévaluation des écrans plats à l'époque".
Si tu fais de la chanson, il faut absolument que tu sois au top des charts avant que ton producteur te mette une Lorie sur le dos pour te remplacer, et donc faire de la métaphore qui claque d'entrée. Déjà, Papillon de Lumière c'était un peu trop dur pour le public français qui n'a pas compris le talent de Cindy Sanders

Un peu comme dans un conte de Grimm



Pareil, quand je raconte des histoires et que je suis bourré à la bière, je fais des métaphores, mais pas trop sur les futs, sauf pour signifier leur manque de contenance.

Parler d’amour c’est toujours bien
Parce que les gens aiment bien l’amour



A part le Schtroumpf grognon et Madame de Fontenay. Mais oui, parler d'amour c'est toujours bien, et on sent que l'auteur veut développer par là qu'il aime déblatérer sa misère quand il se bourre la gueule avec ses potes une fois qu'il s'est fait plaquer.

Et que ça fait pleurer comme un chien
Et que ça rime avec tambour



Le Tambour étant un bar de Montmartre, coin où les poètes aiment aller pleurer pleins de bière. Même les poètes helvètes donc.

Refrain:
I should rather write in english
Nobody would know what i say


je devrais plutôt écrire en anglais, personne ne saurait ce que je raconte

Oui, mais tu n'es pas jamaicain, ta chanson on comprends rien quand tu la chantes en anglais


But i speak it like a quiche



Mais je le parle comme une ouiche

Exercice difficile revenant sur la difficulté de l'écrivain. Ici dans un grand élan d'humilité, l'auteur nous fait part d'une faiblesse de plus, un peu comme un Zizou qui dit que c'est pas lui, c'est le collectif. On note également la référence à la chanteuse Lorie, qui s'appelle en réalité Laurène, comme la quiche.

And i don’t know what i say
Oh yeah baby
All people sings in Shakespeare’s tongue
As easily than on a beach wih tongs

Et je ne sais pas ce que je dis, oh je jouis, tous les gens chantent dans la langue de Shakespeare aussi facilement que sur une plage en tongs.

C'est à dire qu'effectivement, avec quelques verres dans le nez, on parle l'anglais avec la bouche un peu pateuse et la langue qui claque, un peu comme la sensation de marcher en tongs sur la plage

But maybe they are bluffing
Or something

Mais peut etre qu'ils bluffent, ou quelque chose.

Finir ses phrases devient difficile aussi, mais reprenons la suite pleins d'enthousiasme !

Ou sinon, on peut dénoncer
Des injustices ou son voisin

Il est à noter que Raphael a une excellente connaissance de la politique française actuelle, dans laquelle la dénonciation est bonne a tous les prétextes, y compris à refaire des élections dont tout le monde se fout pour remplacer le plus egotiste des dirigeants d'un parti dont tout le monde se fout.

Et on finit aux Enfoirés
Chez Ruquier ou dans un sapin

Jolie métaphore futile pour dire que si on est délateur, on finit soit à l'UMP si on est dans le showbusiness , soit avec un pied dans la tombe si on bosse dans l'assurance et protection particulière parallèle au bord de la méditerranée.

Le truc sympa c’est l’name dropping
Audrey Tautou, Melvil Poupaud

T'as vu le joli chiasme intravers à l'hémistiche ? totou poupo ? C'est à ce genre de petits détails qu'on trouve les grands écrivains. Le name dropping, quand a lui, est un vieu jeu inventé bien avant tetris (block dropping) ou Tex Avery (droopisme). Il consiste a attirer les oreilles d'autres gens en parlant d'eux dans un contexte ou il n'en ont rien à foutre. Ici, une jolie métaphore futile pour dire qu'il est difficile d'être un artiste et qu'il faut un peu se prostituer auprès de ses pairs.

L’autre truc sympa c’est le camping
En forêt, mais en chanson pas trop

Refrain

Moi j’aime bien les chansons françaises
Qui parlent de trucs du quotidien

Plus facile à déchiffrer qu'une prose de cet accabit. Et puis ce que l'auteur ne dit pas c'est que c'est à la fois le fond de commerce de son blog, et sa technique de drague préférée. ("tu sais que je comprends exactement ce que veut dire Roch Voisine quand il parle de sable ?")

La recette de la mayonnaise
Ou celle des trucs du quotidien

Notez au préalable la rime richissime que l'auteur nous offre "trucs du quotidien / trucs du quotidien", ca fait au moins... 7 sons en comptant la diérèse ! Je vous met au défi de faire aussi bien !

La recette de la mayonnaise est un sujet trop peu abordé en chanson, et on retrouve la encore la métaphore futile sur la technique de l'écrivain, parce qu'une chanson bien tournée prend comme une mayonnaise. Cela ne veut pas dire qu'une chanson mayonnaise est une chanson bien grasse, dans ces cas là, on préfère un fut de Grimm et du saucisson, mais je suppose que vous avez suivi.

Ecrire des chansons c’est pas facile
En attendant de faire fortune
J’vais agiter ma grosse sébile
Et demander à la lune

Et il termine sur un mot recherché (lune, pas sébile, sébile c'est débile), une belle métaphore futile fleurant bon la référence à Richard Cocciente et Luc Plamondon, ainsi qu'à, mais un peu moins, Bob Morane.

Au final c'est une bien jolie chanson, traitant comme si t'avais filé ton fut' métaphoriquement des douleurs et des difficultés de l'écrivain. Dans 150 ans, peut être que quelqu'on comprendra à quel point mentionner la mayonnaise était génial.

Et pour remplir de l'espace

Quoi ? Oui, je blogue si j'ai envie.
Et j'ai envie de faire un article sur les keywords menant sur ce beau blog

Gateau à l'absinthe


Il était bon hein ? :)

Gateau de Santiago


NAAAAAAAAN c'est ma recette ! Lui il fait des bonnes absinthes !

histoire con


Ouais, d'ailleurs c'est un croque mort qui rentre dans un bar, et le barman lui dit "je vous sers une bière ?"

lesbiennes canapé


Agapé dans mon canapé, philia chez Ikea, eros dans mon merinos !

"<mon patronyme>" <-- remplacez


Ah, mon patron s'intéresse à moi, il a visité dix pages !

agape voulez vous etre mon@m


Dire que j'aurais pu avoir un ami de plus si j'avais Facebook...

ai-je le droit de faire des liqueurs et de les vendre


Oulah, je veux pas m'avancer, mais c'est quand même furieusement reglementé
d'ailleurs

La fabrication et la vente de certaines boissons alcoolisées au-delà d’une certaine teneur en alcool sont interdites. La fabrication et la vente de l’absinthe sont également interdits.


(mais j'ai assez traité le dernier point non ?)

belle femme offerte


Non, ca va, merci, je préfère les modèles cute, et j'ai la femme la plus cute du monde chez moi. Note, avec ca, elle est quand même furieusement belle. (et elle rougit au moment ou elle lit ces lignes, ce qui multiplie son facteur cute par 100, vous pouvez pas lutter)

Chansons de chasse


CHASSE PEEEEEEEEEEEEEECHE ET BITUUUUUUUUUUUUURE !!!!

comment rendre fou son mec en tenu d infirmière


Tu sais, je pense que déjà, la tenue d'infirmière... Tu savais que 31% des hommes fantasment dessus ? T'as déjà limite une chance sur trois...

Comment se vider le cerveau ?


Perso, je mets TF1, ou M6

doigtage canapé


Punaise, le "furniture porn" a fait des émules. Note, quand même, pour ton bien

Ca devrait marcher aussi pour le canapé

dédicace de esther


Dommage, elle était au festiblog le week end dernier ! Fallait y aller !

fantasme fromage


Ouch... Je dirais qu'un bon saint nectaire bien fait doit limite faire un lubrifiant. Mais t'aimes vraiment te faire du mal non ? Mais je peux te comprendre... A mon retour du Japon, je pensais plus volontier à un bon Conté 24 mois qu'à une partie de jambes en l'air.

fass a lamor


Eh oui, quand vous pensiez qu'il n'était pas possible de faire pire (cf un vieux billet)

il y a un site pour repondre a luc rodriguez de vert d absinthe


Oui, oui, cherche bien





la culture est un plaisir ?


Bonne question. Dans notre société, ça fait de plus en plus partie de ces petits plaisirs réservés à une bande d'initiés. Comme le fantasme sur la fourme d'Ambert, l'absinthe, le curling, le curling baton, l'absinthe, Kafka, Tolstoi, Tata et Tati,et l'humour de Dieudonné

religion double absinthe flambé


Cherche dans le dictionnaire à "hérétique"






Vous me perturbez

J'avais l'habitude des spams. A la bonne époque, un dénomé Gr1px ou P8-online venait vous dire à force de lien

  • d'augmenter la taille de votre pénis (non merci, 2kg ça me fait déjà mal aux reins)
  • d'acheter du Cialis ou du Viagra (oui, mais je fais des crises de priapisme, c'est pas déconseillé ?)
  • d'acheter un diplôme (si j'avais su, je n'aurais pas fait d'études)
  • etc
barrez la mention inutile, ou tout propos vous semblant un tantinet exagéré. Les textes étaient sans équivoque, les liens explicites...

Maintenant ? Je suis perdu.
Nina, je commence à la connaitre. Elle fait des gros scandales sur des petits sujets. Mais je vois pas l'intérêt.

rien a dire toujours le meilleur du web!

M'a dit un jour boubou. Lui, il veut juste répondre à vos questions sur son site. Et franchement, je ne peux pas ne pas être d'accord avec lui, même si, j'ose à peine l'avouer, certains blogs meilleurs que le miens (allez voir bonpourtonpoil.ch ou les beaux blogs de Mitt si vous n'êtes pas convaincus, et les photos de Tranches de Vie sont quand même assez jolies)


je deteste la pensee unique moi

m'a dit Nahoul. Bon, Nahoul est un cybersquatter, mais d'autres le font. Et puis Nahoul a raison, la pensée unique, sauf si c'est la mienne, c'est nul. Mais vu que j'aime bien la garder, la mienne hein. On a beau être dans une dictature de pensée, on est pas non plus obligés de faire du doublethink
Bon, j'avoue par contre que je ne saisis pas l'adéquation de son propos avec mes dates de représentation. Mais ca part d'un bon sentiment !

Mouislouis est plus à propos
merci pour ce topic, mais faut que les mentalites change!
a propos de ma diatribe sur l'inexistance de l'altrusime. Bon vous noterez en lisant ce billet que seuls des spammeurs l'ont commenté. Vous êtes une bande d'ingrats, parce que même s'il est tout merdique, moi je l'aime bien.

Pour revenir au propos, je demande par la présente instamment aux spammeurs d'arrêter de me perturber. Faites votre boulot correctement ! On perd le sens des valeurs ! Faites nous du bon gros spam à l'ancienne, ça me fera du bien.






Autarcie ou ostracisme ?

Bon, le billet suivant est moins drole que le précédent.

En ce moment, je ressens à nouveau ce sentiment qui me nargue souvent et qui me mine. Depuis que je suis tout gamin, j'ai toujours une angoisse qui me poursuit, celle de l'isolement, de la solitude. Et c'est cette impression que je ressens encore.

Du temps ou j'étais à Grenoble, j'avais une vie beaucoup plus... communautaire, je dirais. Que ce soit le samedi après midi, soir, ou le dimanche, je n'étais jamais seul, toujours en bonne compagnie, a parler de tout et de rien. Mais peu importe, j'étais satisfait d'être avec des gens avec qui je partageais des choses.

A Lille, je ne me suis jamais vraiment intégré dans mon milieu, donc ce fut une période extrêmement pénible pour moi.

Puis je suis arrivé à Paris. Par les blogs, j'ai rencontré plein de gens formidables. Vraiment. Je sortais souvent en semaine, recevais souvent chez moi, etc. J'avais l'impression de revivre, d'une période faste. Je pensais me sentir mal à Paris, les premiers temps, je m'y suis senti le plus à l'aise du monde.

Et à nouveau, je ressens ce vide.

Des week ends où je ne vois personne.

Des amis que je ne vois qu'une fois par mois au mieux.

Il y a des soirées chez moi, oui, certes, mais j'y joue souvent le rôle de "l'hote qui a son propre chez lui", le "grand frère". Je n'ai pas l'impression de "faire partie" souvent.

Et je n'ai pas réellement de "complice", vous savez, l'ami avec qui on fait beaucoup de choses et on partage pas mal ?

Alors je réfléchis. Oui, j'ai passé beaucoup de temps en ligne l'année dernière, à faire évoluer des communautés, un peu à chercher l'ame soeur début 2008, un peu a appréhender un nouveau monde sur les forums d'absintheurs. Sans me faire forcément d'amis dans ce milieu, et je commence à comprendre pourquoi. En lieu d'une grande communauté d'esprits cultivés et festifs, je découvre peu à peu un milieu de défiance et de compétition, que ce soit entre historiens, distillateurs, collectionneurs, ou même absintheurs qui se battent pour déterminer qui a le meilleur avis. On ne se fait pas d'amis, on se fait que des concurrents.

Oui, je sais aussi que je ne vis pas "intra muros". Et parfois j'ai l'impression que ca m'isole, comme si dans la tête des gens, je n'habitais pas sur Paris.

Oui, je sais que je suis quelqu'un de bizarre. Peut etre en fin de compte ne suis-je pas aussi intéressant que je voudrais l'être. Grande gueule et vaniteux, un humour qui peut sembler lourd, un certain manque de culture sur certains sujets, ou une culture spécialisée que je ne partage pas.
Ou alors simplement certains choses ont divergé avec le temps.

Peut-être que je ne prends pas assez l'initiative. Sans doute me suis-je complus dans une flemme. Je fréquente des gens intéressants, mais les gens intéressants, sont occupés, et on se retrouve avec des mails non répondus, des invitations que personne ne remarque, des rendez vous éternellement reportés. Et Paris est grand, et les gouts diffèrent, donc trouver un lieu est souvent une telle galère...

Peut-être n'ai-je pas quitté Grenoble dans ma tête, car bizarrement, les amis que je vois le plus régulièrement sont la bas. Ironique n'est-ce pas ? A Grenoble, je vis encore ces week ends marathon ou on ne passe pas un moment seul. Et ca me fait parfois revivre.

Ou simplement est-ce encore que je n'ai pas grandi. On a tous ou presque des boulots, des vies de couple, des activités en dehors, d'autres priorités financières qu'aller se jeter un verre. Peut-être qu'il faut que j'accepte que le temps des sorties entre potes est derrière moi.

Je ne sais pas. Cette année, j'ai décidé de changer un peu de cap sur beaucoup de choses. Me consacrer enfin pleinement à mon bouquin et pas à animer du roleplay pour une poignée de joueurs. Ou si je fais du jeu de rôle, que ce soit autour d'une table, régulièrement. Mais je ne trouve pas les joueurs.
Monter sur scène (j'ai trouvé une troupe, enfin ! ), tenter de me lier d'amitié avec les gens avec qui je fais différentes activités. Bref, me sociabiliser et me consacrer à mes envies. Peut-être que ca aidera. En attendant, je me pose des questions.

Des burgers qui déchirent

Vendredi soir, l'assemblée qui squattait chez moi ne voulait pas me simplifier la tache (et donc prendre un fast food ou des pizzas). Qu'a cela ne tienne, j'ai cuisiné, des bons burgers parce que ca allait vite.

Mais faire le cheezeburger classique ne m'intéressait pas. J'ai donc concocté la recette suivante :

Ingrédients :

  • Roquette
  • Bleu de vache (type st Agure)
  • Miel
  • Préparation d'épices tandoori
  • un oeuf
  • Huile (de préférence olive)
  • Moutarde
  • Vinaigre
  • Sel
  • Miel (facultatif)
  • Steaks
  • Biere bon marché (brune conseillée), suffisament pour y tremper tous les steaks
  • Mélange cinq épices

Préparation :

Steaks (partie 1) : a faire 30mn avant le reste

- Dans un saladier, videz la biere, et ajoutez du mélange cinq épices
- Mettez les steaks a mariner 20mn

Sauce des burgers :

- Commencez par monter une mayonnaise avec l'huile, le jaune de l'oeuf, la moutarde, le vinaigre et le sel (si vous ne savez pas faire, bientôt un cours de chimie gastronomique)
- Ajoutez à cette mayonnaise les épices tandoori

Préparation des burgers :

- Etalez un peu de bleu sur le pain du haut
- Mettez les pains (haut et bas) 30 secondes au micro ondes (afin d'attendrir le pain et faire fondre le bleu)
- Etalez un peu de roquette sur les pains du bas
- (facultatif) mettez un peu de miel sur la roquette (on dirait pas comme ça, mais je n'ai pas osé vendredi soir, et finalement on me l'a reproché)
- Faites cuire les steaks. L'idéal est un barbecue, une poele avec une bonne huile (je conseillerais olive au basilic) fera l'affaire
- Posez les steaks cuits sur la roquette
- Rajoutez un peu de sauce sur le steak
- Refermez le burger

J'ai comme envie d'un picnic

Hey, salut, tu vas bien ?

Je me disais, vu qu'a priori, meteo france dit qu'il fait beau dimanche, ca serait pas trop bonnard qu'on se retrouve, toi, moi, et qui tu veux amener pour un petit pic nic peinard, tant que c'est encore possible.

Je me dis que les buttes Chaumont, c'est un coin sympa, et qu'on pourrait se retrouver par là
http://yfrog.com/7gpicnicj
vers 12-13h ?

Qu'est-ce que tu en penses ?

Donne moi de tes nouvelles en commentaire, savoir si je me bouge ou pas :)

Bises

Clément

Genesis, et autres groupes des vieilles années

Un jour que le bon Dieu était tranquillement de se dorer le coin du lard sur une petite plage peinarde sur les bords de l'Euphrate, le ventre plein après s'etre boulotté un bon croissant fertile de chez Paul, il tomba nez à nez avec Grubeuk et sa troupe de chasseurs.

Sept fléaux plus tard, une fois qu'il eu bien fait comprendre qui il était, et que la bande de pécores se fut agenouillée devant lui, il consentit, plus par curiosité qu'autre chose à discuter avec eux.

Il aurait aimé une discussion marante sur le dernier bouquin de Nietzche qui prétendait qu'il était mort, mais au lieu de ça, la principale préoccupation de ses interlocuteurs se posa en ces termes

Quelle est la réponse à la vie, l'univers, et tout le reste ?

A ce moment là, il se dit qu'il aurait bien répondu 42, mais qu'il aurait été le seul à comprendre la blague. Aussi s'arma-t-il de patience.

- Si je comprends bien, vous aimeriez savoir comment j'ai créé le monde et l'homme ?

- Ah ouais, ouais, c'est ça !

- Bah ça doit pas être trop difficile. Vous avez inventé quoi récemment ?

- AH ! Tu vas être trop fier de nous, on vient de trouver le "ouille c'est chaud mais ca rend la viande mangeable et ça fait peur aux bestiaux"

Dieu se rendit compte qu'on n'avait pas encore inventé l'académie française, et qu'avec des gars qui venaient de découvrir le feu, la physique quantique, la théorie des supercordes et la relativité générale, c'était pas forcément gagné. Il décida donc, à l'instar d'un pigiste de Science et Vie Junior, de vulgariser.

- Bon, bah alors au début, voyez, il n'y avait rien. Mais alors rien du tout, même pas un restau qui fait des douroums au coin de la rue, et les épiciers arabes n'existaient pas encore. Je vous raconte pas quand le frigo était vide. Bref. Et là j'ai fait une grande explosion de lumière pure. Classe hein ?

S'ensuivit un long silence. Et un des braves gars présents, dont l'histoire n'a pas retenu le nom, surtout parce qu'il a été foudroyé juste derrière (je rappelle que jusqu'a ce qu'il devienne papa et qu'il se calme, Dieu n'était pas connu pour sa patience) (note : les nuits de deux heures, ca fait également évoluer la maturité des divinités visiblement), de remarquer

- Euh... C'est tout ?

Une fois qu'il se fut brièvement énervé, Dieu reprit

- Ah mais non, c'est pas tout. C'était calibré juste comme il faut, histoire qu'a un moment donné, beaucoup plus tard, on ait au moins une atmosphère, enfin un ciel, dans laquelle pourrait se développer la vie. Ca demande de la finesse dans l'explosion ces machins là. Et puis une planete c'est pas facile. Tenez, pour que la votre elle ait pas que de l'eau uniformément, fallait quand même un bon mécanisme de tectonique de plaques... Euh enfin que la terre sorte de l'eau quoi, en faisant des montagnes.

Bizarrement, la bande de super primates fut satisfaite de cette réponse. En y réfléchissant à deux fois a posteriori, Dieu s'est souvent dit qu'il aurait du passer un peu plus de temps dans les explications.

- Oui alors, bon, mais la vie ?

- Et bah j'y viens ! Alors voyez, l'eau, tout ça, c'est pratique, parce qu'on peut y faire des choses vachement compliquées, comme par exemple faire apparaitre les formes de vie les plus simple, mais il en faut des paquets pour que ca marche ! Bon, ensuite, avec un petit machin marrant que j'ai inventé, que j'appelle l'Evolution, et bah toute cette vie qui grouille elle devient plus complexe.

- Pô compris, lo...

- Bon, alors je vais faire un exemple simple. Prenez l'homme, qui est une forme assez complète et pratique pour que moi même j'y ressemble quand je me ballade sur terre, ces pouces opposables c'est quand même génial. Au début, ca part d'un n'importe quoi, ça pourrait être de la boue par exemple, et petit a petit, dans cette boue il y a des choses qui se transforment, pour devenir des protéines, et puis de l'ADN. ADN ? Non ? Vous avez pas encore inventé la biochimie ?

- Qué ?

- O... K... Euh bah... Ce qui fait la vie quoi.

Dieu fut satisfait de voir l'étincelle de la compréhension soudaine briller dans le regard de ses interlocuteurs.

- Ah ouais, ok, ok. Mais alors pour la mort ?

- Euh bah c'est un mécanisme simple, qui s'exécute en mode daemon...

- Un démon c'est la mort ?

- Euh ouais, des fois, mais pas tout le temps, arrête de m'interrompre ! Bref, je backupe un peu, je regarde les gens obsoletes, et je fais une petite purge, ca permet au mécanisme d'évolution de bien tourner, tu vois.

- Euh non... Backup c'est quoi ?

- Ah purée, c'est vrai, c'est pas encore l'ère de l'informatique. Bref, je mets de coté certaines personnes.

- Aaaaaaaaaaaaaaah !

- Bon, les petits gars, c'est pas que je m'ennuie avec vous, mais il est quoi ? Oh purée, préhistoire déjà ? se dit Dieu pour qui une seconde fait des milliers d'années. Bah va falloir que je vous laisse.

Et il allait s'en retourner à son omniscience quand il eut soudain un éclair de doute

- Euh attendez les gars... Vous avez pas inventé l'écriture ?

- Léquoiquoi ?

- Ah ouais, donc vous avez pas de quoi noter ce que je vous ai dit ?

- Euuuuh si, on fait des peintures, et on se raconte des histoires au coin du feu... Z'allez voir comment les potes ils vont être contents quand on va leur raconter tout ca !

Le tout puissant vint sentir à ce moment la un mal de tête de tous les diables, d'ailleurs il fallait pas trop qu'il tarde, vu que ce dernier avait tendance à un peu reluquer le trône ces derniers temps.

- Bon, bah j'omniscie que vous allez dans quelques temps m'inventer le téléphone arabe, alors. Avant même de m'inventer les arabes, c'est dire.

Et Dieu ne s'était pas trompé. Le temps que la première version de son best seller sorte dans tous les rayons de la Fnac de Babylone, ce qu'il avait raconté était devenu ceci :

Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.

2La terre était sans forme et vide, et l'obscurité couvrait l'océan primitif. Le souffle de Dieu se déplaçait à la surface de l'eau.
3
Alors Dieu dit : « Que la lumière paraisse ! » et la lumière parut.

4
Dieu constata que la lumière était une bonne chose, et il sépara la lumière de l'obscurité.

5
Dieu nomma la lumière jour et l'obscurité nuit. Le soir vint, puis le matin ; ce fut la première journée.

6
Dieu dit encore : « Qu'il y ait une voûte, pour séparer les eaux en deux masses ! »
7Et cela se réalisa. Dieu fit ainsi la voûte qui sépare les eaux d'en bas de celles d'en haut.
8
Il nomma cette voûte ciel. Le soir vint, puis le matin ; ce fut la seconde journée.

9
Dieu dit encore : « Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un lieu unique pour que le continent paraisse ! » Et cela se réalisa.

10
Dieu nomma le continent terre et la masse des eaux mer, et il constata que c'était une bonne chose.

11
Dieu dit alors : « Que la terre produise de la végétation : des herbes produisant leur semence, et des arbres fruitiers dont chaque espèce porte ses propres graines ! » Et cela se réalisa.

12
La terre fit pousser de la végétation : des herbes produisant leur semence espèce par espèce, et des arbres dont chaque variété porte des fruits avec pépins ou noyaux. Dieu constata que c'était une bonne chose.

13
Le soir vint, puis le matin ; ce fut la troisième journée.

14
Dieu dit encore : « Qu'il y ait des lumières dans le ciel pour séparer le jour de la nuit ; qu'elles servent à déterminer les fêtes, ainsi que les jours et les années du calendrier ;

15
et que du haut du ciel elles éclairent la terre ! » Et cela se réalisa.

16
Dieu fit ainsi les deux principales sources de lumière : la grande, le soleil, pour présider au jour, et la petite, la lune, pour présider à la nuit ; et il ajouta les étoiles.

17
Il les plaça dans le ciel pour éclairer la terre,

18
pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière de l'obscurité. Dieu constata que c'était une bonne chose.

19
Le soir vint, puis le matin ; ce fut la quatrième journée.
20Dieu dit encore : « Que les eaux grouillent d'une foule d'êtres vivants, et que les oiseaux s'envolent dans le ciel au-dessus de la terre ! »
21
Dieu créa les grands monstres marins et toutes les espèces d'animaux qui se faufilent et grouillent dans l'eau, de même que toutes les espèces d'oiseaux. Et il constata que c'était une bonne chose.

22
Dieu les bénit en disant : « Que tout ce qui vit dans l'eau se multiplie et peuple les mers ; et que les oiseaux se multiplient sur la terre ! »

23
Le soir vint, puis le matin ; ce fut la cinquième journée.

24
Dieu dit encore : « Que la terre produise toutes les espèces de bêtes : animaux domestiques, petites bêtes et animaux sauvages de chaque espèce ! » Et cela se réalisa.

25
Dieu fit ainsi les diverses espèces d'animaux sauvages, d'animaux domestiques et de petites bêtes. Et il constata que c'était une bonne chose.

26
Dieu dit enfin : « Faisons les êtres humains ; qu'ils soient comme une image de nous, une image vraiment ressemblante ! Qu'ils soient les maîtres des poissons dans la mer, des oiseaux dans le ciel et sur la terre, des gros animaux et des petites bêtes qui se meuvent au ras du sol ! »

27
Dieu créa les êtres humains comme une image de lui-même ;

il les créa homme et femme.

28Puis il les bénit en leur disant : « Ayez des enfants, devenez nombreux, peuplez toute la terre et dominez-la ; soyez les maîtres des poissons dans la mer, des oiseaux dans le ciel et de tous les animaux qui se meuvent sur la terre. »
29
Et il ajouta : « Sur toute la surface de la terre, je vous donne les plantes produisant des graines et les arbres qui portent des fruits avec pépins ou noyaux. Leurs graines ou leurs fruits vous serviront de nourriture.

30
De même, je donne l'herbe verte comme nourriture à tous les animaux terrestres, à tous les oiseaux, à toutes les bêtes qui se meuvent au ras du sol, bref à tout ce qui vit. » Et cela se réalisa.

31
Dieu constata que tout ce qu'il avait fait était une très bonne chose. Le soir vint, puis le matin ; ce fut la sixième journée.

Ca, et une histoire annexe d'homme boue et de femme côte, probablement parce que Grubeuk était un tantinet macho.
Il se dit qu'il descendrait bien un coup pour parler à l'éditeur, mais il avait déjà des armées à diriger, une nation à construire, des prophètes à brieffer, une guerre dans les cieux, et plus tard un fiston à engendrer. De toute façon, le temps qu'ils inventent Max Plank et Albert Einstein, et selon les prévisions des incas, qui étaient les moins cons de cette bande de demeurés, on en serait qu'a un petit siècle de la fin des temps de toute façon.

Non, ce qui le vexa probablement le plus, c'est qu'ils aient été imaginer qu'il avait conçu l'univers en 6 jours chrono comme on cuirait une pizza Sodébo, alors qu'en bon cuisinier, il sait que c'est meilleur quand on prend son temps pour faire les choses bien.

Je vois ou ça merde...

Ca pete aux yeux pourtant... Je suis en train de regarder, furieux, le débat sur l'HADOPI 2 à l'assemblée. Pourquoi furieux ? Parce que l'opposition se montre étonnamment constructive et contributrice d'idées qui pourrait donner un peu de sens à cette satanée loi.

Ils sont généralement relativement bien informés, mieux que leurs adversaires je trouve, ont une conscience morale, une justesse du propos tous partis confondus (même UMP, c'est dire).

Mas voila, systématiquement, ils sont retoqués par un groupe qui se moque bien du contenu, qui vote contre leurs amendements par simple principe.

Et là ca me pête aux yeux. La force "rouleau compresseur" par construction de l'UMP, et la faiblesse de l'opposition. Vous ne voyez pas ?

En France, le système démocratique constitutionnel garantit certaines libertés : l'égalité, le droit a chacun de participer aux décisions qui vont donner une direction à son pays, le droit à chacun d'exprimer ses opinions et qu'elles puissent être entendues.

Ces droits inaliénables s'appliquent à la France en tant que nation. Est-ce que cela s'applique à un parti politique ? L'UMP a prouvé que non. La force de l'UMP, qui s'appelait au début "Union pour la Majorité Présidentielle", ce que ce parti est toujours en dépit de son changement de nom, c'est simplement que c'est un consentement de ses membres à la dictature.

Pardon, je corrige : à l'oligarchie.

Consentement que je juge, de mon fauteuil, appuyé sur la peur d'un monde qui va trop vite et dans lequel le débat n'a plus sa place, dans lequel il faut agir, et vite. On donne sa voix afin, non plus qu'elle soit porteuse d'une opinion qui soit la sienne ou celle de ceux qu'on défend, mais porteuse d'une force donnée à une personne ou un groupe de personne dont on assume qu'ils sont "technocrates" : que fort de leurs compétences, ils prendront les bonnes décisions rationnelles. Ce qui est une erreur.

Que penser de l'opposition en France actuellement ? Je pense, pour ma part, qu'ils sont dans le vrai. Que leurs divisions réifient réellement ce qu'est la démocratie : une pluralité d'idées qui s'affrontent pour arriver à un consensus, une situation de lésage minimal.

Naturellement, face à une voix qui en vaut 100, une centaines de voix qui en valent au plus 60 pour la plus forte n'ont aucune chance de gagner. Ou est le probleme ? Dans cette disparité, ou dans cette unité ?

Je constate, malheureusement, que beaucoup se sont pliés à l'idée que le problème est dans la disparité : les conflits du PS, la dislocation de la gauche, etc, sont des choses qui nous paraissent des maux.

Nous avons trop accepté ceci, alors que c'est une pensée fausse. Cette divergence d'opinions, cette disparité, c'est cela, la démocratie : le fait que chacun de nos représentants ait un avis. Les partis sont la pour défendre des idées qui vont globalement dans le même sens, pas identiques. Et leur but n'est pas de mettre en place un pouvoir oligarchique, mais de défendre le peuple, ou la part du peuple qui a globalement le même but.

Nous avons besoin de cette disparité, parce qu'elle représente la pluralité de nos opinions !

Ce qui est le pire, aujourd'hui, c'est que cette pensée unique à laquelle la France a souscrit, s'est abrogé un pouvoir universel : législatif, executif, judiciaire et même médiatique (le quatrième pouvoir). Le judiciaire fait quand même son baroud, ce qui est bien, mais pas suffisant.

Cette abrogation, même du pouvoir sur l'opinion, nous a amené à penser que l'opposition est justement toujours dans une opposition, et pas dans une position de proposition (ce qui apparaitrai éminemment faux a quiconque suit le débat sur l'HADOPI), et que leur dislocation est une erreur, est devenue la force clergicale.

Bref, de mon point de vue, tant que la France est sous l'UMP, nous sommes en dictature. Parce que nous nous sommes laissé faire, parce que nous l'avons voulu, et pire, parce que ceux que nous jugions à même de nous éviter cela y ont souscrit également !

Vous me direz, nos députés ont l'obligation morale de défendre nos opinions et les leurs par le même biais. Parce que nous les élisons pour leurs opinions. Pour leur programme. Alors pourquoi avons nous tant de godillots ? Parce que naturellement une oligarchie s'auto-préserve.

Vous trouvez normal qu'on emploie de façon normale des expressions comme "Nicolas Sarkozy s'est énervé et a fait un rappel à ses troupes" ? En quoi un homme a-t-il le droit d'ordonner à ceux que nous avons choisis un avis qui n'est ni le leur, ni le notre ? La présidence UMP est construite sur ce droit ! Et elle l'applique par le baton et la carotte ! Rétribution des partisans, punition des réfractaires. Je ne l'invente pas ! Alors pourquoi la presse relate-t-elle cela de façon normale ? Pourquoi accepte-t-elle ce népotisme ?

Donc que faire ? Demander une loi visant à interdire les députés godillots ? (Et bon sang, ils existent, ils donnent tout son sens à une question que j'ai entendue dans les débats ce soir "vous avez le droit à la parole, pourquoi ne vous exprimez vous pas ?")

Cela ne peut pas marcher, cf. ce que je viens de dire ci dessus, sur l'auto-préservation des oligarchies.

Aujourd'hui je ne vois qu'une solution : changer le jeu de l'intérieur. Peut-être ne suis-je pas le seul à l'avoir vu (ce qui expliquerait certains comportements...). Il faut créer une révolution au sein de l'organisme gouvernemental. Il faut changer l'UMP de l'intérieur.

Edmund Burke disait

"Tout ce qu'il faut pour que le mal triomphe, c'est que les braves gens ne fassent rien"

Très bien. Alors je vais arrêter de ne rien faire et de me tourner les pouces. Je vais tenter de ramener la démocratie en France là ou elle n'est pas. Je vais tenter de créer des contre courants à l'UMP. Je vais prendre ma carte. Mes avis, mes idées ne changeront pas. Je me fous de ma couleur, de l'avis que les gens auront sur moi. Je veux juste que des idées différentes de celles du gouvernement soient clairement exprimées. Pas dans la volonté de disloquer un parti. Uniquement dans la volonté qu'au sein de ce parti, la démocratie existe aussi. Et si la gauche s'unit de la même façon, je le ferai aussi à gauche.

Je n'ai pas d'idées de droite, et j'en ai horreur, mais je juge qu'elles sont nécessaires au débat démocratique en général, sous condition que celui ci, et c'est la seule chose qui importe à mes yeux, existe. Aussi, je suivrai le conseil de Neil Gaiman

Si vous ne vous levez pas aujourd'hui pour les idées que vous n'aimez pas, il sera trop tard demain pour défendre celles qui vous tiennent à coeur


Et je vous encourage à me résoudre au contraire, ou si vous partagez mon idée, à faire la même chose que moi. Parce que je n'y arriverai pas tout seul

Vices & prohibitions

- Ca faisait un moment dis donc ! Entre, entre ! Ou t'étais passé ?
- Bah en Angleterre figure toi ! D'ailleurs, j'ai pensé à toi, je t'ai ramené un petit truc qui te fera plaisir !

J'étais content de revoir Eric. On était amis du lycée, et nous nous étions perdus de vue depuis quelques années. Je le fais entrer, et lui fais le tour du propriétaire. Lorsque nous arrivons dans mon bureau, il semble estomaqué. Je peux comprendre pourquoi, ma collection est de toute beauté, et un peu particulière. Carafes et verres Baccarat et Louis Philippe, tous datés du début du 19° siècle, tirs bouchons thématiques, une jolie diversités de taste-vin, et j'en passe.
Et Eric de jeter

- Et bien ! Si j'avais su ! Tu vas être d'autant plus content, tu vas voir ! Si tu savais la frousse que j'ai eue à la douane !

Il se penche sur son sac, l'ouvre avec force précautions et en tire ce qui semble être une bouteille enroulée dans du papier journal pour "faire discret". Je tique intérieurement en pensant savoir. Un pincement me serre le coeur quand je vois son regard plein d'attentes d'une joie que je n'aurais sans doute pas. Je sors doucement la bouteille de son papier et la regarde en feignant être un connaisseur ravi.
Ce que je ne suis pas. Ravi, j'entends, connaisseur est une autre affaire. La bouteille contient un liquide d'un beau rouge/violet bien chimique, et sur l'étiquette, un Bacchus espiègle danse en tenant à la main une feuille de cannabis. "Chateau Satyre"... Tout un programme.

- Tu permets que je le débouche ? Histoire que je me fasse une idée, et que nous le dégustions ensemble tout à l'heure ?
- Ah oui, fais, fais, mais pour ma part je touche pas à ça, je resterai à l'absinthe à l'apéro si ça te dérange pas.
- A l'apéro ? Tu ne veux pas le boire en mangeant ?
- En mangeant ? La bas on prenait ça en apéritif ou en digestif ! Plus en digestif d'ailleurs

Et bien, mon amie, on va être condamnés à une vie de couple tous les deux. Je débouche la bouteille qui, bien qu'en verre a un vulgaire bouchon en plastique, et laisse monter les arômes. Ouais, c'est ça. De l'alcool de cidre, du jus de raisin, et un colorant... Le cannabis est là juste pour l'argument commercial. C'est un peu le drame, ces dernières années. Un abruti a voulu réinstaurer le mythe du vin, qui a été interdit pendant un siècle et demi en France et autres pays européens, et a inventé toute une histoire comme quoi ca a toujours été une grande production en Angleterre. Bien sur,  ils ne sont pas posé beaucoup de questions sur ce qu'était vraiment le vin, et ont brodé un truc autour du principe de l'alcool et du raisin, et de la belle couleur bordeaux chantée par les poètes.
Ils ont surfé sur le côté un peu sulfureux, rapprochant ça de Pan, Dyonisos, les bacchanales, oubliant complètement ce qu'a été le vin dans la culture française pendant des siècles. Et ce n'est pas la pire des inventions commerciales...

- Tiens, dans tout ton matériel, tu n'as pas les pipes ?

Ah, quand on parle du loup... Le vin flambé dans la pipe à Cognac...

- Euh... Non ? Tu sais, à l'époque ca se buvait dans un verre normal, un verre à vin. Comme ceux là par exemple. Et on ne l'allumait pas. Simplement parfois, selon les cépages, il fallait un peu le laisser décanter, ou l'ouvrir à la bonne heure par exemple, ou le servir à la bonne température. C'est à ça que servent les carafes à décanter, que tu vois là, ou bien les thermomètres, dans le coin là.

- Mais, tout ce matériel... Tu l'utilises pas hein ?

Je soupire, et vais contre le placard à portes coulissantes de mon bureau. Je fais glisser la porte de gauche, pour révéler ma cave personnelle.

- Bien sur que si mon cher, dis-je dans un grand sourire, je suis un connaisseur !
- Mais c'est pas du vrai ?
- Si, si, du vrai vin français, produit de nos jours par des petits viticulteurs passionnés.
- Non, mais je veux dire, c'est pas du vrai, au sens ou je sais qu'on en vend, mais il est trafiqué, ils ont enlevé le truc dangereux là... Comment ça s'appelle ?
- Les tannins ?
- Oui, voila, les tannins !
- Tu sais, c'était l'argument pour faire interdire le vin, ça et l'alcoolisme rampant à l'époque, sans oublier les autres raisons, mais il a été prouvé qu'il en faudrait une sacrément large quantité pour te rendre ne serait-ce qu'un peu malade. Et les taux sont controlés en Europe. Oh, et ça, c'est ma fierté.

Je dis ça en pointant du doigt une bouteille d'un bon cru d'avant l'interdiction du milieu du XXI° siècle, que j'ai eue à un prix démocratique via un ami.

- Mais tu vas pas la boire ? Elle doit être empoisonnée, comme à l'époque !
- Ce n'est pas ce que disent les études. Pas pour un cru de cette qualité en fait. Et puis le problème c'est surtout qu'on craignait que les phyloxera, enfin les pucerons quoi, empoisonnent la vigne. Depuis on a prouvé que non. Mais non, je ne vais pas la boire, parce que je ne pense pas avoir le palais assez développé. Pas encore du moins.
- Ah tiens, pour y revenir, celle que je t'ai ramené, le vendeur m'a dit que c'était celle qui était la plus forte en tannins.

Il me dit cela avec un petit air narquois, devant signifier, j'imagine "c'est avec ça que tu t'enverras le mieux en l'air". Je ne commente pas l'absurdité de la phrase. Et sentant que le débat s'enlise, je décide de quitter la pièce avec lui. Je ferai un cours une autre fois.

- Bon, viens, on va se poser sur la terrasse, les glaçons sont déjà dans les verres, on va se servir une petite verte. Tu m'excuseras, j'ai que de la verte d'apéro, et je trouve que servir avec les cuillers ça fait un peu "grand père"
- Pas de problème, je la bois noyée de toute façon.
- Bon alors Eric, l'Angleterre, raconte moi...

Ce billet m'a été inspiré par l'article suivant
http://www.wormwoodsociety.org/index.php?option=com_content&task=view&id=2&Itemid=214

It just won't go away

Désolé les lecteurs, j'ai besoin de parler, même si je sais que ça ne va pas beaucoup m'aider.

Comme certains d'entre vous le savent, j'ai subi une agression devant chez un ami hier. Je vous rassure tout de suite, il y a eu plus de peur que de mal, les agresseurs ne m'ont pas blessé et n'ont rien réussi a prendre, parce que fou de peur et de colère, je ne les ai pas laissé faire, et mes appels à l'aide ont trouvé tout de suite une réponse. A l'ami en question, il peut remercier chaque fois qu'il les croise les habitants de son quartier, je ne peux pas dire à quel point je leur suis reconnaissant.

Voila comment je pense que s'est déroulée l'action. Je cherchais l'appart de cet ami, et je devais faire des courses à la supérette avant de passer chez lui. Donc j'ai regardé mon iPhone pour voir le plan, et je suis entré à la supérette. J'ai payé par carte, et celle ci a une jolie couleur brillante.

En sortant, je vais devant chez mon ami, je vois qu'il a un premier digicode sans interphone, donc j'appelle une autre amie qui l'a probablement vu que je n'ai pas son numéro. Cette amie me dit qu'elle arrive immédiatement. Et elle aime bien me surprendre, et m'attraper les yeux par derrière lui ressemble beaucoup.

Donc quand je sens qu'on m'attrape par derrière, je ne suis qu'a moitié surpris, jusqu'a ce que je réalise qu'on me ramène au sol. Je n'ai pas vu ce qui se passait, mais on m'a dit qu'ils étaient trois et qu'un me tenait les jambes. Celui la a du rentrer avec des bleus, parce que j'ai rué comme un sauvage.

Je tenais mon téléphone à la main, en pensant que c'est après cela qu'ils en avaient, mais un mec sure de lui me disait avec une voix confiante "bouge pas, bouge pas" et tentait de fouiller dans ma poche revolver. Continuant de frapper, j'ai pu dégager ma bouche et appeler à l'aide. C'est une femme du quartier qui a réagi en premier, frappant un des agresseurs. Tous les autres habitants ont débarqué illico, y compris un qui sortait de sa douche et a appelé la police. Mais personne n'a pu voir leur visage, ça s'est passé trop vite. Meme ma douce qui était avec moi n'a pas eu le temps de comprendre ce qui se passait.

J'ai beau bien m'en sortir, cette scène me hante aujourd'hui. J'ai toujours pensé qu'en cas d'agression, je pourrais voir mon agresseur ou mes agresseurs, et que je ne me dégonflerais pas. Mais le fait d'avoir été pris dans le dos et d'avoir été impuissant quelques instants me serre le coeur. Je sais pas bien comment faire que ça passe. J'ai juste envie de vengeance ce soir. Et hier soir aussi d'ailleurs, mais je me suis trop imbibé pour que ca me hante sur le coup.

Je ressasse, et persiste à penser qu'il y avait un complice dans la supérette. Quelqu'un qui était près et qui a vu le code de ma carte. Il devait etre TRES près, parce que je fais des excès de précautions pour qu'on ne voie pas mon code. C'est la seule explication valable pour le fait qu'ils aient tenté à tout prix de prendre celle ci alors que j'avais un téléphone hors de prix en main, qu'il était probablement plus facile d'arracher.

Si quelqu'un a des conseils, je suis preneur.

Moment Roleplay

Alors, j'avais du le signaler, il m'arrive souvent de faire du jeu de rôle en ligne. Ca peut paraitre geek et ésotérique, personnellement je vois ça comme un exercice de littérature de groupe.
Ca m'amuse beaucoup. Mais vu que le mieux est que vous vous fassiez un avis, je vous livre une petite mission autonome que j'avais écrite il y a quelques mois.

liaison dangereuse
une femme nous a payés pour surveiller son époux qu'elle soupçonne de lui être infidèle
elle nous a également offert un petit bonus pour qu'on se charge d'éliminer sa rivale

objectif: suivre le mari de la sus-nommée sans se faire repérer et découvrir ce qu'il cache

objectif secondaire: éliminer la rivale



objectif facultatif: j'ai bien une idée, mais c'est trop pervers pour ce fofo :lol:

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Démocratie

Assis confortablement dans mon siège du palais bourbon, j'écoute distraitement le débat de fond. André Lefevre a reçu la parole du président du jour et défend la position de l'URP, le parti majoritaire. Le discours a déjà été entendu maintes et maintes fois, et le débat est plus là pour conserver une forme traditionnelle.
J'attrape mon verre, et le vide distraitement avant de le reposer. Mon voisin de gauche, le député Aubry, a l'air aussi peu passionné que moi. Une phrase de Lefevre attire mon attention

- Messieurs de l'opposition, cessez à la fin de faire passer cette autorité de controle des cultures minoritaires pour une sorte de Gestapo !!!


C'est le moment. Pour le spectacle, les locataires des bancs de gauche se lèvent en une seule masse pour manifester verbalement leur mécontentement, je suis le mouvement. Quand je me rassois, Aubry m'apostrophe.

- J'ai beau ne pas être là souvent, j'ai comme des impressions de déjà vu


Je ne relève pas et décide de changer de sujet

- Comment vont les gosses Christian ?


Il me regarde un instant, avant de comprendre que j'ai juste envie de faire la conversation, et que ce qui se passe dans l'hémicycle ne m'intéresse pas plus que lui.

- Ma foi, que veux tu que je te dise... Le premier devrait reprendre mon siège d'ici quelques années. Le deuxième, naturellement, va rejoindre les media. Ca n'a pas l'air de le déranger, il s'y est fait depuis qu'il est tout petit, et l'idée que c'est là que tout se décide est bien rentrée. Je dirais même qu'il a l'air heureux.


Il reste pensif un instant.

- Alors ça y est, la constitution européenne a été légèrement amendée ?
- Oui. Pression de l'union pour la Royauté Présidentielle appuyée par l'empire chinois et l'audiovisuel. Le changement de mots fait que cette loi devrait passer sans aucun problème


Nouveau silence. En fond, le débat continue

Non monsieur Lang ! Les conversations privées ne doivent plus être une zone de non droit ! Enfin, il faut protéger le peuple de ses éléments dangereux non ?

Ce n'est en rien ce dont je révais. Quand j'étais enfant, je regardai de loin les beaux messieurs de la démocratie sur le grand écran plat de mes parents. C'était notre seul luxe d'ailleurs, mais vu que la redevance télévisuelle était devenue obligatoire pour tout le monde afin d'inciter ceux qui n'avaient pas la télé à s'en procurer une, c'était le luxe que beaucoup de citoyens se payaient de toute façon.
Enfin, on peut avoir l'impression que j'étais un gamin pauvre, mais mon père a eu la chance d'avoir un patron député qui lui fournissait de quoi vivre et un logement pour son travail. Il fallait être d'une autre extraction pour être indépendant et avoir son propre domicile, mais au moins avions un toit.
Bref, je regardais ces beaux messieurs, et je nourissais le rêve que si je travaillais dur je pourrais un jour en faire partie. Mon père s'est endetté pour m'aider à faire une bonne école, et avoir ma propre entreprise, et enfin, après de longues années de labeur, j'avais eu ma place de député, achetée à prix fort au président. Mais bon, hormis Christian et deux trois autres députés, aucun ne m'adressait la parole : j'étais issu de ce qu'on appelle la "démocratie de cape". Un parvenu en somme.
Bien que présent quasiment systématiquement à l'assemblée, mes illusions avaient disparu il y a longtemps. Le débat existait pour rassurer le peuple, lui faire comprendre que nous étions toujours une démocratie, de la même façon que je laissais mon père dans son illusion de fierté d'avoir un fils qui se battait pour ses droits. En pratique, le président décidait, le législatif appliquait. Ceux qui s'opposaient sans license pour le faire étaient "suicidés politiquement".
Cela ne dérangeait pas le peuple. Ils aimaient leur président. Ils l'élisaient d'ailleurs toujours tous les cinq ans, lors d'un grand reality show. Le numero de téléphone était assimilé à l'identité, et chacun pouvait voter par message texte. La dynastie en était à son troisième président.
En pratique, entre nous, nous parlions de "présidence de droit médiatique". Parce que c'est ainsi que cela fonctionnait. L'audiovisuel choisissait un candidat (toujours le même) et le mettait en valeur afin qu'il remporte les suffrages. Panem et Circenses, tout le monde était content.
Voix du président en fond

- Avis de la commission ?
- Défavorable
- Avis du gouvernement
- Défavorable, pour les raisons expliquées par la commission.
- Nous allons passer au vote alors. Qui est pour ? Qui est contre ? Cet amendement n'est pas adopté


Voila. Nous avions proposé qu'afin que les couples puissent se développer, une exception à la loi sur la protection des conversations privées soit offerte pour les mariages et autres unions, mais visiblement, ça ne collait pas dans les plans des décideurs.
La séance était levée. J'en fis de même, récupérant ma redingotte, amer. J'aurais du remercier mon père de la chance qu'il m'avait offerte d'être à la bonne place.
Muettement, passant les portes du palais bourbon, je le maudis ainsi que mes aieux pour ne pas avoir fait l'essentiel : se battre pour une France qu'ils aimaient, ou la quitter.

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