Patrons de presse : c'est trop tard

Les articles des professionels de la presse qui se révoltent en ce moment, en disant

  • C'est nous on s'est gourrés, c'était la pub
  • C'est pas nous, c'est la pub
  • C'est pas nous, c'est vous

sont de plus en plus nombreux.

Forcément, avec la pub qui ne rémunère plus, qui est devenue tellement intrusive que de toute façon personne n'en veut, les "Pure Players" ou ceux qui ont orienté leur business sur la petite manne qu'on leur redonnait contre la vie privée de leurs clients, sont en train de s'effondrer.

Là encore, je n'ai pas envie d'entendre ces jérémiades.

Je n'ai pas envie non plus qu'on me dise, aujourd'hui "sois tu acceptes la pub, sois tu paies". Parce que ça "casse internet". Ca me gonfle que la moitié des liens de mes amis soient innaccessibles dorénavant. 

Et puis ne nous voilons pas la face, si le choix a été fait de se rémunérer par la pub, c'est qu'au début du Web 2.0 on a vu émerger des blogs dont la qualité mettait à mal l'idée de rémunérer un journaliste pour traiter des mêmes sujet. 

Et c'est le mauvais choix qui a été fait, le bon choix aurait été de relever le challenge, de proposer mieux, de proposer plus !

En quelques années, la presse n'a pas su relever le challenge : en retard sur les réseaux sociaux, sous compétente face au contenu contribué librement par ailleurs, pas de créativité sur la diffusion, sur l'éditorial, sur le combat sur la liberté. 

La tombe a été creusée, je paie un journal si j'en estime la qualité, et ce n'est pas avec la qualité des articles, souvent copié/collé d'une dépèche et enrobés de pub sans avoir même été relus, et ce n'est pas avec les publi-reportages que vous m'avez convaincu. 

Payer, oui, mais pour quoi en somme ?

Et dans l'autre sens se morfondre de l'offre payante. 

Je veux bien payer. Mais pas pour une seule source. Je veux pouvoir payer pour un pannel de sources, voire je veux payer également pour que ce pannel de sources soit aussi exhaustif et non biaisé possible, afin que mon avis soit éclairé. Et je veux que ça passe par internet naturellement et pas une application. 

Ergo, même si je voulais m'inscrire à MediaPart, je ne le ferais pas à l'heure actuelle, parce que je n'ai pas d'offre avec un "contre MediaPart" : aussi éduqué, aussi rigoureux, mais avec une ligne différente. 

Patrons de presse : vous avez un truc à vendre. 

Pour l'instant, je ne vois pas de raison d'être acheteur.

Machine learning : extraire la positivité/négativité d'une conversation en Français

J'expérimente pas mal en ce moment sur des sujets qui traitent de la memetique et du machine learning.

En particulier, en ce moment, je me pose la question de "comment reproduire l'expérience Facebook de 2012 sur la positivité negativité avec les moyens du bord"

Problématiques

La puissance machine

Je dispose d'une petite machine, et il faut donc laisser à la machine le maximum de puissance de calcul. Une première question est donc : comment avoir une empreinte CPU et mémoire minimale pour que les traitements tournent correctement.

Ma réponse est un environnement linux léger, et l'utilisation du langage python (qui a d'autres avantages dans le contexte), et d'Emacs + Elpy.

Vous trouverez ma configuration emacs/python mise à jour au fur et à mesure de son évolution sur GitHub 

Les jeux de données

Les "GAFA" comme on les appelle disposent de jeux de donnée étendus sur lesquels ils peuvent travailler et en contribuent même parfois certains.

Comment faire sans cela ?

D'abord, de quoi avons nous besoin ? En première approche, j'ai choisi de me concentrer sur le langage écrit, et j'ai besoin, a minima, pour reproduire l'expérience, du sentiment positif/négatif.

Alors bien sur, il y a une approche extrêmement simple en MachineLearning, qui est grosso modo de s'appuyer sur les critiques de films (ou de restaurants par exemple) qui sont scorées pour inférer un sentiment par apprentissage. Bon. Déjà fait et presque trop facile.

Par contre ça ne semble pas... Si bien que ça.  

Déjà parce que trouver des datasets plus explicites ou plus fins psychologiquement, ce n'est pas évident. L'ISEAR par exemple est intéressant mais critiquable. Pour commencer, vu le nombre de nationalités, que le champ en texte libre soit systématiquement en anglais est assez problématique. (cf Memes of translation, Chesterman 2000 )

Et donc il y a cette barrière de la langue. Sentiwordnet est en anglais (même si on peut saluer la jolie initiative d'Amita Davas et Sivaji Bandyopadyay avec "Dr Sentiment" pour étendre le dataset à d'autres langues par le jeu), Wordnet Affects également.

Ce qui est dommage d'ailleurs parce que Wordnet Affects dispose de la précision lexico-grammaticale dont ne dispose pas l'ISEAR. 

Heureusement, si certains datasets sont fermés comme l'EuroWordNet, d'autres sont plus libres comme le WOrdnet Libre Français (WOLF) qui fait partie du groupe Open Multilingual Wordnet (OWN). Ca mache déjà une grosse partie du boulot, on peut entrainer ensuite un etiquetteur lexico-grammatical (POS Tagger grosso modo) avec d'autres jeux (certains issus de wikipedia). 

Bon grosso modo, en première approche, je me suis amusé à partir de WOLF et SentiWordnet en faisant l'association sur les "jeux de synonymes" (Synsets). Cela passe certains écceuils, pas tous, de la langue (j'y reviens).

Acquérir de nouvelles données

Je partais d'une approche très proche de celle de Dr Sentiment, initialement, une "gamification" du concept. 

J'ai trouvé Telegram très adapté à mon expérience : 

  • Ouvert et libre dans son intéraction
  • Sécurisé, il offre la possibilité d'une plus grande ouverture émotionnelle
  • Bot friendly : un bot est ridiculement simple à créer, et peut même envoyer des questionnaires en guise de clavier

Dans le contexte de python, un mélange de Errbot et de Chatterbot s'avère assez facile à mettre en place et amusant

Le premier, Errbot, est un moteur facilement configurable et extensible tournant en daemon qui permet, entre autres, d'utiliser XMPP et Telegram. 

Le second est grosso modo un robot de discussion à chaine de Markov. La dite chaine est persistée, ce qui permettra des usages ultérieurs. 

Le résultat est une sorte de CleverBot simplifié sur lequel on peut rajouter des commandes et des hooks. 

Restera donc à définir le "Jeu" comme cela a été si bien fait pour Dr Sentiment. J'ai mes idées.

Machine Learning et Traitement Automatisé du Langage

Les deux disciplines vont de paire. Beaucoup de pans du TAL dépendent du ML. Pas mal d'exercices de ML utilisent le TAL. 

Sur le TAL, python dispose (encore une fois) d'une bibiolothèque très étendue et complexe qui s'appelle NLTK. Et NLTK est quand même une sacrée monstruosité, car en anglais on a d'entrée de jeu, entre autres le POS Tagging, Wordnet et Sentiwordnet.

NLTK est extensible à d'autres langages via différents corpus (dont OWN que l'on utilise à travers l'API Wordnet) qu'il faut télécharger, ou via une librairie d'entrainement par ML (nltk trainer).

Si pour l'instant je n'ai pas affronté le chantier de créer un POS tagger français via nltk-trainer, j'obtiens des premiers bons résultats qualitativement sur le POS tagging français via TreeTagger et treetaggerwrapper (en python). Par contre avec un appel à un binaire wrappé, on n'est pas au maximum des performances que l'on peut attendre : le tagging est un processus lent. Mais a minima on a le POS Tagging et la lemmisation, c'est à dire passer de "Je fus" à "je/Pronom Personnel être/Verbe au passé simple"

A partir du lemme et de l'étiquette, on peut récupérer les jeux de synonymes (synset) dans Wordnet Anglais (avec beaucoup trop de résultats malheureusement), puis les SentiSynset depuis SentiWordnet.

Point d'étape et évolutions

A l'heure où j'écris ces lignes, un robot tourne sur Telegram, capable d'accepter plusieurs joueurs et de stocker leurs N dernières entrées dans une queue FIFO, et même capable d'en déterminer la positivité/négativité sur commande... Mais pas de rétourner le résultat avant un timeout ;) 

Il y a beaucoup de choses à faire pour continuer cette expérience.

Déjà il y a la performance générale du POS Tagging à l'heure actuelle qui est insatisfaisante.

Il faudrait le désynchroniser du temps de la conversation, et donc avoir un moteur multithreadé en parallèle du moteur de discussion. Ce sera de toute façon généralement nécessaire.

Mais idéalement, il faut que j'entraine un POS Tagger, ce qui ne semble pas difficile, les corpus ne manquant a priori pas, je voulais juste avoir un prototype de la chaine au préalable.

J'ai aussi envie de voir comment ce prototype pourrait s'étendre à WordNet Affects. Qu'il faudrait porter pour python parce que je ne crois pas que cela aie été fait (SentiWordNet est apparemment beaucoup plus utilisé, il y a sans doute de bonnes raisons à ça à part l'age du DataSet)

Il faudra définir le ou les jeux. Précisément à partir de ce que rapportent les premières informations. Et vois si on ne peut pas inclure de l'entrainement renforcé (Q-Learning par exemple) à partir de ça (récompense positive sur certains gradiants d'émotion par exemple).

Et à un moment il faudra packager tout ça... 

Bref, j'ai encore de quoi m'occuper, même en bossant tout seul sur ce sujet.

Pauvres biquets, vous n'avez rien compris

Chère ploutocratie,

mes pauvres biquets... Vous n'avez rien compris hein ? Et dans votre incompréhension vous êtes en train d'alimenter votre propre chute. Mais ce n'est pas grave, vous allez, voir, vous aurez le temps de voir votre système mourir de votre vivant, et ce n'est pas comme si vous aviez un respect pour vos enfants au delà de leur capacité à maintenir l'héritage de ce pouvoir.

Alors voyons voir les cartes que vous avez (pensez avoir) en main

  • Le contrôle des instutions dont vous même avouez qu'elles fonctionnent mal à longueur de temps
  • L'internet, quelque chose dont vous avez l'illusion de la permanence et de la propriété
  • Le contrôle du processus electoral qui sert à donner l'illusion du choix du pouvoir qui vous est accordé
  • Le contrôle monnaitaire
  • Le contrôle de la culture et de la propriété intellectuelle
  • ...

Je trouve ça fragile, vous savez, mes pauvres chéris... Mais fragile... Vous vous en rendez compte ?

Vous vous rendez bien compte que tout cela ne repose que sur deux choses

  • que le peuple croie que le service rendu est à la hauteur de l'effort qu'il investit
  • que le peuple veuille bien croire à votre propriété

Non, mais les ploutocrates, sérieusement, vous n'avez toujours rien compris depuis vos premiers échecs avec ces ingénieurs informaticiens dont vous avez pris soin de détruire la réputation pour les rendre moins nocifs ?

Vous avez oublié à quel point un admin sys pouvait tout seul détruire une entreprise ?

Vous avez fait construire vos chateaux par ces gens là même qui ont du faire tous les efforts pour les construire et les entretenir que vous ne connaissez pas... Et vous arrivez à créer l'illusion que vous les avez faits tout seuls, au nom d'un mérite sacré qui ne repose en fait que sur le pouvoir de l'argent. 

Vous êtes au courant, sinon, que le modèle entièrement centralisé qui fonde votre pouvoir est centralisé par votre choix, et pas réellement celui du peuple ? Que jusqu'à récemment on le pratiquait parce qu'on manquait de créativité pour les autres géométries ?

Et que, afin de répondre à vos exigences de plus en plus grandes et de plus en plus contraignantes, une autre typologie est en train de se répandre comme la poudre ?

Je vous la résume : Ce qui devrait profiter à tout le monde n'est la propriété de personne, et afin que des intérêts obscurs ne puissent pas changer cela, nous mettons tout dans des coffres, la clef à l'intérieur, et nous jettons tout au vent. 

On appelle ça la distribution. C'est absurde ? Bah oui mais sans être méchant c'est déjà en train de fonctionner.

Tiens, parlons d'Internet pour commencer.

Ca vous fait chier tor et la crypto ? Mais ce n'est que le commencement mes chéris. Vous vous rendez bien compte que nous utilisons tor à défaut de solutions plus radicales j'espère ? Et que ces solutions existent depuis longtemps. Waste, Freenet, etc.

Tor c'est le cousin gentil qui veut bien jouer copain copain avec le web. La preuve, la majorité des contenus sont perceptibles comme légaux sous la loi de notre gouvernement.

Mais si on veut aller plus loin, en réalité nous n'avons pas besoin du World Wide Web, des FAI et de l'ICANN.

Les plus hautes spéculations du moment, elles s'appuient sur quoi, rappelez moi ? Les nouvelles loi ? Vous avez contruit des lois entières, et des fortunes sur un outil de droit privé qui a autant de chances de survie à long terme que le minitel.

Les réseaux "distribués", en maille, ça existe, et ce n'est pas comme s'ils n'étaient pas parfois déjà utilisés.

Faut être con non ? Du coup vous plaignez pas si on vous laisse vous démerder avec quand on sera plus là. Oui, oui, j'y reviens, nous ne serons plus "là" très longtemps.

D'autant que le drâme, c'est que tous les plans du WWW et de l'internet sont libres et mieux documentés que vos propres lois et règlement (qui sait calculer une AAH ? Levez la main). Tiens, le mesh network, si on veut le faire, on a qu'à partir de la IEEE 802 1aq, on verra le sans fil après.

Bon, allez, assez parlé de l'internet, parlons de la culture.

Je vous encourage à continuer à poser vos étiquettes sur tout ce que vous estimez vous appartenir comme vous le faite actuellement, et à traiter de pirate et d'égoïste quiconque ne pense pas à vous.

Continuez aussi à penser que vu que vous avez le plus beau ballon de la cour de récré, vous pouvez poser toutes les règles que vous voulez, les enfants préfèreront jouer avec vous qu'avec des boites de conserve.

Voila, débrouillez vous, vous en êtes déjà à un stade où beaucoup, même ceux qui vous soutiennent, sont obligés de constater que parfois la seule solution c'est ce que vous appelez "pirater". Même au coeurs de notre assemblée nationale ce constat est parfois fait publiquement.

Donc bon, continuez, hein, on a déjà passé le cap où le système de la propriété intellectuelle ne sert plus que 3 personnes, comptez vous.

En fait, cela fait des années que vous dites au peuple de se démerder et d'assumer les responsabilités que la ploutocratie ne saurait assurer pour tout le monde, l'argent n'étant pas infini.

Jusqu'à dire aux gens qui touchent le RSA qu'ils devraient faire du bénéVvolat pour l'avoir.

Elle est pas belle cella là ? Si on demande aux allocataires du RSA de faire du bénévolat, ce n'est pas qu'il n'y a pas de boulot, c'est que personne ne veut payer pour qu'il soit fait ! La promesse est censée être tout travail mérite salaire non ? (et pas tout salaire mérite travail, sinon vous auriez du mal à justifier certaines choses)

Mais c'est un exemple. Du bénévolat, de l'associatif, heureusement que beaucoup d'entre nous en font, parce que sinon on laisserait notre jeunesse à l'abandon, on laisserait mourir une bonne partie de nos malades, les incendies ne seraient jamais éteints avant d'être catastrophiques, ...

Eh, attendez deux secondes... Ca ne seraient pas des missions essentielles par hasard qui seraient par exemple beaucoup plus critiques que donner un cadeau aux entreprises pour qu'elles fassent de l'argent avec de l'argent ?

Vraiment, chère ploutocratie, tu as de la chance de controller le droit de vote et l'argent. Mais ça aussi, nous allons te l'arracher, par dépit. A cause d'un japonais qui n'est peut être pas japonais.

Tes membres les plus vifs d'esprit, chère ploutocratie, ont compris où nous menait la Block Chain.

Plus de transaction "occulte" dans des systèmes cachés comme les paradis fiscaux, plus de bourrage d'urnes, plus de centralisation du système monnaitaire, plus aucune capacité à savoir qui fait quoi à l'extrême alors que tout le système est ouvert et auditable par tout un chacun.

Juste en recyclant l'informatique que tu jettes tous les trois ans, je pense qu'on aurait de quoi se miner quelques blocs. Ensuite, il suffirait de revenir à un truc comme le "koku" japonais, qui représente une unité de vie plus qu'une unité monétaire. On s'assure que chaque participant, chaque mois, aie un koku qui le rende capable d'avoir une vie de tous les jours avec les autres participants.

Si jamais cela arrivait, le revenu de base inconditionnel existerait complètement en dehors de tout système sur lequel tu puisses avoir autorité, ma ploutocratie mignonne.

Et une fois que l'étant ponctionnera sa part à la source du revenu, en accord avec ses partenaires les entreprises, il sera assez simple pour cette population de considérer tout salaire versé comme le complément au revenu minimum.

Et donc ces gens là vous diront merde quand ils le voudront bien. Ils auront toujours du travail, mais il sera autrement plus utile et épanouissant que de remplir des feuilles Excel pour expliquer où est-ce que l'argent est allé. Ne serait-ce que parce que le café de Mme Michu est toujours agréable après s'être occupé de ses fleurs.

Ca fait tellement longtemps, ma chère ploutocratie, que tu dis aux gens de se plier à toi parce qu'il n'y a pas de solution sans toi... Mefie toi que le peuple ne se rende pas compte que la seule raison pour laquelle il n'y a pas d'autre solution, c'est que tu l'as gardé trop ignare pour s'en rendre compte.

On peut tromper une fois mille personnes, on peut tromper mille fois une personne, mais on ne peut pas tromper mille fois mille personnes.

Tu peux frapper, insulter, crier, pester contre la nuit debout autant que tu veux. Tu peux les traiter de décérébrés, de casseurs, même de terroristes, ce que tu ne devrais a priori pas tarder à faire si j'ai bien regardé ma montre.

Sur ce plan là, c'est déjà trop tard. Ils se sont vus. Ils ont discutés. Et non seulement tu ne peux rien faire pour empêcher le truc d'enfler (si tu crois que ça ne se passe que sur les places, gaffe où tu mets les pieds), mais en plus plus tu tenteras de gouverner cet élan, et plus il sera violent.

Prends le temps de faire ton deuil et de mourrir. Ce que tu as voulu centraliser, garder pour toi, et qui ne t'a jamais appartenu, et nous allons intégralement le distribuer.

Ce n'est pas "le communisme". Ce sont "les communs".

Nous ne te regretterons pas.

Bisous

La vie au quotidien avec la douleur

Qu'est-ce que signifie vivre avec une douleur chronique ? Ma maladie n'étant "que ça", je peux en parler.

Parce qu'il y a la douleur, mais la douleur chronique n'est pas la douleur aigue, on ne peut pas plus imaginer ce qu'elle induit que l'on ne devinne l'avalanche à partir du flocon. Mais plus encore, elle est invisible, et la plupart de ses conséquences le sont...

Vivre avec la douleur

La douleur est un handicap multiple.

En premier lieu c'est un signal d'alerte. La douleur demandera toujours une réaction. Même si on l'ignore.

Le conflit physique

Quand le corps a mal, il proteste, et il réagit.

D'abord, par défaut, il "recherche l'appaisement", et se tord pour rechercher des "positions antalgiques".

Une illustration simple est la scène ou Crucio ou Endoloris en français est démontrée sur une araignée dans Harry Potter : l'araignée se recroqueville sur elle même.

Dans mon cas particulier, la douleur physique est ressentie majoritairement au bas du dos et sur l'extérieur du tibia droit. Je sais, ça n'a aucun sens médicalement. Parfois, plus rarement, elle ressemble à une tendinite aux genoux ou aux chevilles.

Ma compagne a appris à repérer les "gestes manipulateurs" et "micro mouvement" caractéristiques de la douleur (par opposition à des manifestations, que l'acteur que je suis cache), que je ne vois parfois même pas moi même (attendu que je la censure pour une bonne part). Front légèrement plissé, bégaiement plus prononcé, pieds qui se frottent en spasmes comme la queue d'un chat agacé...

Cela a des impacts sur le déplacement, la mobilité. Dans mon cas assez particuliers.

Il faut le dire encore une fois (et je le redirai encore), je suis également un professionnel du spectacle vivant et de la politique d'entreprise, j'ai un contrôle extrêmement poussé de mon apparence et de mes mouvements. Du niveau du réflexe. Quand je contrôle suffisamment la douleur, je suis pratiquement un "surhomme". A l'extrême, ma canne qui est maintenant incorporée à ma démarche me donne un avantage sur des personnes faisant de la marche active quand je suis en forme. (Ah, les handisportifs et leurs super pouvoirs)

Mais la douleur, c'est comme du sable dans les rouages.

Quand j'ai mal, mes jambes ne me portent pas aussi bien. J'ai moins de tonus, moins de réactivité. Il y a de la latence et une chute du débit. Ma canne devient parfois nécessaire à me soutenir, vu que je n'ai pas mal dans les bras (mais dans ces moments, mes épaules, mes coudes et mes poignets ramassent pas mal). Il m'est même arrivé qu'une attaque de douleur fulgurante me mette au sol malgré tout. Quasiment systématiquement le genou droit à terre en premier, parce que la jambe droite est plus "fragile", la douleur sur la face avant jouant. 

Et puis, j'ai mal au dos, ce qui est un handicap pour tout ce qui tourne autour de la respiration. Si on regarde une planche anatomique musculaire, on constate bien que c'est à ce point que se rattachent les muscles de la poitrine. Quand j'ai mal, je perds également en performance pulmonaire.

Quand on sait que la maitrise de mon bégaiement passe par la technique vocale, que la mienne est ancrée dans le chant et dans le théâtre, des techniques utilisant beaucoup la "respiration basse", les conséquences sont facheuses et multiples. Je parle moins bien, moins fort, moins énergiquement, et c'est une des raisons pour lesquelles j'ai arrêté de prendre des cours de flute traversière (le niveau de maitrise du souffle, lol)(ce qui ne m'empêche pas de faire fredonner mon flutiau de temps en temps, et je compte même m'entrainer avec un saxophone).

Le danger est le cercle vicieux appelé "Cycle physique de la douleur". Douleur -> Immobilisme -> Enkystement -> Douleur.

Le conflit mental

- Pourquoi ne fais tu rien ?

- Parce qu'il n'y a rien que je puisse faire.

- Pourquoi ne fais tu rien ? ...

Il y a de grands dilemmes pour un douloureux chronique.

D'abord, sauf à ce qu'elle soit associée à une condition mortelle, on ne soigne pas la douleur chronique avec des "anti douleurs" comme les opiacés, la kétamine, ou les corticoïdes. Ce n'est pas possible, le rapport bénéfice risque à long terme est clairement défavorable (dégradations du corps, dépendance, ...).

Ce que l'on peut mettre en place au mieux, comme traitement, ce sont des psychotropes à demi vie longue qui attenuent la perception de la douleur, et des traitements pour la commorbidité psychique que je vais développer. Accompagnés de molécules anti-douleur au rapport bénéfice risque plus profitable sur le long terme comme le paracétamol, l'ibuprofène/kétoprophène (prescrit avec de l'omeprazole), pour limiter les dégats.

Bref, on peut rarement travailler sur la douleur elle même. En tout cas de nos jours.

Peut être que les travaux récents, notamment sur le système endocannabinoïde me donneront-ils tort. Je pense au Sativex pour les SEP, ou les versions "réussies" en cours de molécules cousines de celle qui a causé un accident à Rennes, par exemple. Si mon intuition est bonne, c'est une des directions prises par ces recherches, l'antalgie longue.

On ne peut pas faire grand chose sur le signal, et le signal est bouge toi le cul, il y a un problème.

Vous imaginez le malaise ? Je pouffe.

Non, mais ça pourrait être pire, imaginez, on pourrait ne pas savoir d'où ça vient !.. Et souvent c'est le cas. 8 ans en moyenne pour le diagnostic de la SPA, et encore c'est un truc facile !

On ne peut pas faire grand chose sur la douleur. On peut agir sur sa perception et les conséquences.

La douleur ne se résume pas à la douleur physiquement perçue, c'est un phénomène beaucoup plus complexe. Depuis la source de la douleur jusqu'à la conscience de celle ci, on a les fibres gamma (petites fibres nerveuses), les portes, le Controle Inhibiteur Diffus (CIDN), et l'interprétation multiple dans plusieurs centres du cerveau.

On bosse sur la dernière partie, classiquement. L'interprétation multifactorielle.

Mais le conflit est bel et bien là. Le signal douloureux urge à sa résolution, et rend agressif à son aggravation, ou à sa négation.

La conséquence, c'est ce qu'on appelle ce coup ci "cercle psychique de la douleur" : douleur -> stress -> angoisse -> fatigue -> dépression -> douleur. Ce que j'essaie d'apprendre depuis des années, c'est à maitriser ce cycle.

On me dit souvent "tu te mets la pression pour rien". Non, je suis comme Bruce Banner, je ne me mets pas sous pression, je suis sous pression en permanence.
Faut dire que j'étais pas aidé avec mon boulot stressant difficile à adapter, mais du temps où je travaillais encore, j'ai explosé en vol 4 fois.

Je ne vais pas utiliser mes mots mais citer un collègue

Personne ne comprend comment tu fais. Nous on galère sur des conneries, et toi tu es là, blanc, transpirant, à moitié debout, à bosser sur des sujets que personne ne comprend...

C'était assez simple pourtant... On ne m'autorisait pas à ne pas travailler, et ma vie ne me permettait d'être sans emploi. Alors je faisais mon boulot, quitte à venir avec deux cannes parceque c'était "la façon la plus noble de marcher à quatre pattes". Et j'étais gavé de psychotropes pour "tenir debout".

A l'inverse, maintenant que je n'ai plus cela en plus à gérer c'est... Beaucoup plus simple, d'ailleurs j'ai rapidement laissé tomber toute forme de traitement psychotrope et pu affronter malgré cela des évènements tragiques sans m'écrouler.

Au quotidien aujourd'hui

- Mais, docteur, quand j'ai mal, qu'est-ce que je fais du coup ?

- Rien.

C'est essentiellement ça, en gros.

J'ai changé de mode de vie. Je vis "au rythme de la douleur". Mon employeur avoue ne pas savoir comment adapter mon poste, mais me garde pour l'instant dans ses effectifs.

Ce que j'ai appris, au cours de ces années, c'est à ne pas aggraver ma fatigue en luttant contre la douleur.

J'ai accepté que j'ai un rythme étrange, unique, que je ne comprends pas moi même et que personne ne sait expliquer.

De plus en plus, je comprends que des fois, il faut dire "oui" à la douleur, et dire "non" au reste, si l'on veut se protéger soi même. Mais que de la même façon, il faut dire "oui" le plus possible à tout le reste.

Je ne suis pas oisif. Je fais de l'associatif, j'ai des engagements sur différents sujets, je continue à faire un peu tous mes métiers. Mais sans jamais avoir de planning fixe, en limitant les échéances et les rendez vous, etc.

Dans l'ensemble je suis quelqu'un de joyeux et entreprenant, positif et ouvert, je suis heureux, petit à petit ma vie redevient "intéressante".

Et certains jours je pleure seul dans ma chambre pendant que tout le monde fait la fête, grand garçon inébranlable que je suis. C'est mortifère. Mais c'est comme ça.

Peut être une nouvelle série de billets

Parfois, ce qu'il faut, ce sont des témoignages.

Je n'aime pas me livrer, mais je sais qu'ici je me livre assez pudiquement : je connais finalement assez peu mes lecteurs silencieux, j'apprends qu'ils existent.

Donc, nouvelle catégorie : Témoignage douleur, dans laquelle je vais essayer de rapprocher tout ce qui narre l'expérience d'un douloureux chronique.

Ce blog est censé être à l'abris des robots traditionnels, il est "suffisamment intime". Comme il a toujours voulu l'être.

Entre nous, je vais vous raconter ce qui se passe.

Nuit debout analyse de langage (19 avril 2016)

La nuit debout soulève une dialectique intéressante (à défaut de pouvoir parler de l'intérieur).

Elle crée des "éléments de langage" que l'on peut "contrer", en voici quelques uns

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/04/18/nuit-debout-pour-la-droite-la-chienlit-s-installe-a-paris_4904397_823448.html

Ce qu’il se passe est tout simplement inadmissible. (…) Nous sommes dans un état d’urgence, nous avons des difficultés à faire surveiller nos crèches, nos écoles et des policiers sont pourtant mobilisés place de la République.

Brigitte Kuster, porte parlole LR

Inadmissible : pourquoi ? C'est une bonne question à laquelle une réponse polémique est donnée. Qu'est-ce qui rendrait la nuit debout réellement inadmissible ? La "Nuit Debout" a-t-elle enfreint la loi ? Je suppose que non, sinon les moyens légaux auraient déjà été utilisés non ?

Etat d'urgence : justement, une des bases de la critique de la Nuit Debout est le rejet de l'arbitraire de l'exécutif, l'Etat d'Urgence est largement injustifié et abusif selon plusieurs ONG.

Faire surveiller nos crèches : très bonne idée, on va mettre un cordon de CRS devant chaque école, les enfants seront sécurisés ! Non, en fait, simple rhétorique de culpabilisation, qui, comme le propos contre la pédophilie qui justifie tout, sacralise la protection de l'enfant comme loi absolue contre laquelle aucune autre raison n'aurait de droit.

 

la chienlit qui s’installe au cœur même de la capitale et de nos principales villes

Eric Ciotti LR

 

Ah, le discours anti-68.

Pour "les républicains", l'anathème de "chienlit" est un renvoi au discours du "Grand Héro" du parti, le Général.

Non mais en réalité, c'est quoi cette "chienlit" ? Ca vient d'où ce terme ?

Ca vient, assez naturellement, de la même construction de "pissenlit" (Pisse en lit, c'est diurétique).

Chienlit ? Chie en lit.

Bref, c'est un qualificatif paternaliste qui compare le responsable de la chienlit à un bébé qui a sali le berceau en braillant. Ca n'a rien de rationnel.

une dictature de la minorité

Bruno Lemaire

Alors là c'est simple, il y a deux mots.

Dictature et minorité.

La mobilisation a été suscitée par la loi El Khomri, en disant qu'elle était un "cadeau aux patrons". El Khomri, qui sentait venir cette gronde, avait menacé d'entrée de jeu que si nous n'étions pas sages, cette loi passerait par 49-3.

Ce qui en soit est tout à fait caractéristique de ce qui est dénoncé : un pouvoir arbitraire soumis aux main d'une minorité.

Elle est là, la "dictature de la minorité", pas dans la rue, c'est un renvoi de responsabilité c'est tout.

Aujourd’hui, il n’y a pas un maire d’arrondissement qui peut organiser une braderie, une rencontre, une manifestation festive. Et aujourd’hui le gouvernement accepte cette “Nuit debout” et “gouvernement par terre”, (…) dont les slogans sont “niquer les flics” et “travaillons au désordre”. Naturellement, on doit faire évacuer cet espace 

Brice Hortefeux (LR toujours)

Brice, si on peut organiser des braderies, des rencontres festives, si ca redevient important, c'est que l'urgence est derrière nous non ? Le problème n'est pas que la police soit mobilisée par une manifestation, le problème est que la police soit mobilisée par l'état d'urgence...

Donc "Naturellement" non, rien n'a été démontré.

Ce qu’il s’est passé avec Alain Finkielkraut est inacceptable

Phippe Juvin LR

Ah, inacceptable et il faut le prendre comme ça ?

La justice française, entre autres, garantit un "débat contradictoire" avant de porter un jugement. Quand je lis le débat contradictoire sur cette affaire, la faute est partagée entre la manifestation qui ne peut pas accepter un autre avis et Finkielkraut qui y allait dans le but de faire du remou (ou alors je ne m'explique pas sa posture et ses propos).

La conséquence naturelle a été le "conflit", qui s'est terminé de façon tellement pacifiste que Finkie en témoigne malgré lui : il s'attendait à être plus malmené.

Pour le débat contradictoire, vous trouverez les deux versions sur Libération et, il me semble, Mediapart. Oui, c'est gauchiste.

« Hier soir, en accueillant et offrant une tribune à l’ancien ministre grec Yanis Varoufakis et en insultant et expulsant avec perte et fracas le philosophe et académicien Alain Finkielkraut, les participants au mouvement Nuit debout montraient leur vrai visage. Celui de la haine et de l’intolérance », a écrit dans un communiqué, dimanche 17 avril, M. Ciotti en se posant en défenseur d’une « majorité silencieuse, celle qui dort la nuit parce qu’elle travaille – ou cherche un travail – le jour ».

Oui, oui oui.

Donc déjà, au moins, on a une meilleure idée de ce qu'est la "majorité" et la "minorité" dans ce discours. Cette "majorité" silencieuse, elle est silencieuse peut être parce qu'elle n'existe pas, tu crois pas, Eric ?

Ce que tu décris, Eric, c'est le fantasme qui est condamné entre autre dans le combat sur la nouvelle loi travail : une majorité obéissante, qui soit travaille ou cherche du travail, soit dort.

Je propose que la "majorité silencieuse" dont il est question ne qualifie pas des humains, mais des machines esclaves qui n'ont pas d'autre comportement que celui qu'on a "codé en dur".

Ensuite, se poser la question "des combat de Varoufakis ou Finkieltraut, lesquels sont les plus proches de ceux d'une populace en colère contre le monde de la finance". Je crois que ça explique bien le reste, non ?

 Nuit debout, c’est la rencontre entre le numérique et une nouvelle demande d’émancipation dans un contexte d’effacement des hiérarchies. C’est le fonctionnement en réseau, sans chef, dans des relations horizontales et non plus verticales : cela a déjà profondément transformé l’économie mais pas encore la politique. Et ça vient…

NKM - LR

Bah alors Nathalie, tu me déçois en bien là. Réduire cela au numérique, justement, c'est réducteur, mais dans ce brouhaha je trouve cette prise de position bien plus réaliste

 

Le premier commandement et les reliques

Je le disais récemment, je pourrais discuter des heures sur le premier commandement :)

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L'homme pieux et le philosophe

Ploum ploum, prends toi un café ou un thé, public, là on a du lourd à digérer et pas forcément très drôle

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Repas d'anniversaire pour chien

Notre chien a donc trois ans aujourd'hui.

On a testé les os l'année dernière, ça marchait moyen.

Bon alors cette année, j'ai cuisiné. Simple hein.

Hop, un vieux jambon émietté dans la poêle, on fait dorer, on rajoute un riz pas trop raffiné en petite quantité, cuisson façon risotto avec l'eau qui déglace les sucs de jambon, quelques bouts de vieux comté, un oeuf, et vogue la galère.

Ca marche mieux que les os.

Félicitations, c'est une névrose

Il n'y aura pas de diagnostic, il n'y aura pas de traitement.

Il n'y a que moi qui me prends la tête avec les médecins et mon "parcours médical". Pas la peine de s'entêter, ça devenait une névrose obsessionnelle.

Est-ce que c'est un épiphénomène d'une névrose plus profonde qui pourrait expliquer la douleur... Pragmatiquement la question n'a aucun intérêt et prolongerait la névrose.

Le choix d'Hercule

Je me pose des questions sur mon avenir... Tu feras quoi toi ?

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Epiphanie et effet barnum

Public, aujourd'hui je vais te parler d'une autre frasque d'écrivain, si ça te gonfle, passe ton tour.

Bon, en gros, le bordel que je suis en train d'écrire, il est compliqué de chez compliqué au point que j'ai passé deux heures aujourd'hui à voir s'il serait pas possible par un truchement de transposer oStorybook à Android. A la fin, je me suis souvenu que je n'étais malheureusement pas Maurice Svay (bisou mon poisson rouge si tu passes par là) et que ce serait catastrophique, et je suis retourné à mon écriture.

Avant de me retourner la tête de la même façon que quand j'ai arrêté dimanche dernier : il fallait que je griffonne, que je dessine, comme quand je gribouille de l'UML en concevant une idée d'application.

Mais voila, c'est compliqué. Et vu que c'est compliqué, il a fallu que je trace des cartes à dimensions correctes sur Google Maps, que je vérifie à chaque fois les distances pour voir si elles correspondent à la dynamique de mon histoire.

Je prends un échantillon ensuite d'une capitale et je commence à essayer de la situer géographiquement, avec trois repères géographiques, et une contrainte de temps (passer par les trois points à pied ne doit pas prendre plus d'une demi heure). C'est une capitale, donc il doit y avoir des intérêts géographiques : un estuaire, une grande rade... Pour un des repères j'ai un belvédère sur l'océan, l'autre est posé de l'autre côté d'une anse...

Je termine mes cartes, les choses prennent bien forme. Et pour déconner, je passe sur Google Earth.

Le "temple de l'eau bleu" est sur la colline... C'est une installation hydroélectrique sans doute, mais elle a l'architecture globale que j'imaginais. Il y a le chemin a flanc de colline qui descend parmi les pins. Et de l'autre côté... Bah c'est pas ce que j'imaginais, mais dans l'esprit j'ai retrouvé la même impulsion. Au point que j'envisage de changer un peu les choses, pour le cas où on me demande un jour si ces endroits existent vraiment... 

Pour le reste, je sais que ce n'est pas un délire de "je l'ai vu dans mes rêves", on est pleinement sur de l'effet Barnum mais...

C'était un chouette moment.

Ce bon vieux Jacqueline, champion en galettes

Public, tu le sais, je ne suis jamais le dernier à m'émerveiller des personnages historiques.

Aujourd'hui, vu que c'est la Sainte Jacquelines, j'aimerais te parler de Jacqueline. Ouaip, LE Jacqueline.

Nous sommes au XIII° siècle, eh oui, déjà, et à ce moment là, une grande rock star du moment s'appelle François, François d'Assises, principalement connu pour avoir eu l'idée géniale que, peut être, on pouvait avoir un peu d'ouverture d'esprit, et, éventuellement, on pouvait discuter avec les pratiquants des autres religions plutôt que systématiquement leur mettre sur la tronche, le tout en plein contexte de croisades, ce qui force le respect.

Accessoirement, plus tard, il aura carrément un fan club éternel, appelé l'ordre des frères mineurs (franciscains pour faire court), non pas parce qu'aucun d'entre eux n'a la majorité, mais essentiellement par culture du complexe d'infériorité, qui contribueront à l'histoire avec des inventions comme le rasoir d'Ockham, et le Nom de la Rose d'Umberto Eco. Encore aujourd'hui, certains tentent de surfer sur son succès, et c'est pour ça que le taulier actuel du Vatican s'appelle François, ça s'invente pas (alors qu'il est même pas franciscain, il est jésuite).

Bref.

François, il a dans son entourage Jacqueline de Septisoles, et Jacqueline, il l'aime bien, c'est son grand pote, il l'appelle d'ailleurs "Frère Jacqueline".

Ouaip, François, il était djendeur déjà à l'époque, on pourrait prendre des leçons. Big up, François.

Et Jacqueline, du coup, était marié à un homme, (mariage pour tous, François, ton ouverture d'esprit était quand même extraordinaire) au seigneur de Marino, un obscur cousin éloigné de Dante du nom de Gratien Frangipani. Porter un nom pareil, déjà, c'est pas facile, mais en plus ce pauvre gars a été pris d'un accès de mort alors que Jacqueline avait déjà deux gamins sur les bras.

Bref, Jacqueline, du coup, passait du temps avec son pote François, et l'invitait régulièrement dans sa grande baraque vide sur les hauteurs romaines, parce que la messe, c'était ingérable avec deux morveux à garder, les jeunes parents catholiques qui me lisent comprendront.

En bon pâtissier, et bien avant l'arrivée de Christophe Michalak (le pâtissier, pas le rugbyman), Jacqueline imagine un truc simple, une crème d'amande, dont François deviendra assez vite accro.

Jacqueline sera béatifié en tant que sainte, contre toute attente, en raison de ses relations, eh oui, avoir un pote à l'intérieur, ça marche pas que pour les boites de nuit. 

Mais rassure toi public, beaucoup de gens s'accorderont à dire que de toute façon, ce bon vieux Jacqueline méritait bien une place de Saint Patron des crèmes patissières, parce que sa fameuse crème aux amandes traversera l'histoire sous son nom de famille, et donc, si tu as bien suivi, la frangipane.

Tu vois, public, je vois pas pourquoi on s'emmerde à regarder la télé réalité ou les trucs qui font le buzz, parce que c'est encore une de ces histoires vraies (tu peux vérifier, j'ai tout bon) qui s'inventent pas.

Le capitalisme, cette autre forme de religion

Après tout, qu'est-ce qui diffère entre une main invisible qui répare automatiquement les erreurs de l’égoïsme et un messie qui nous délivre de tous nos pêchés mortels ?

Du coup, doit on lutter contre la propagande extrémiste ?

La fustigation de la Grèce et son démantèlement complet, est-ce une lapidation?

Le lutte du capitalisme contre le communisme est elle un djihad ?

Sacraliser l'entreprise en tant que moteur de la nation, est-ce adorer des idoles ?

Pendant ce temps...

Blackmore pose la question de la survie de l'humain au troisième réplicateur.

Hawking dit que l'invention de l'intelligence artificielle est peut être une des plus grandes erreurs de l'humanité, Musk approuve et Gates se demande carrément pourquoi tout le monde n'a pas cette préoccupation.

Je l'aime bien, la question finalement, je la trouve pertinente.

Retrait de deux billets

Pour moi c'est symbolique.

Mais ce soir, je décide de retirer deux billets. Parce que l'un référait à l'autre. Et que l'autre avait été perçu par certains comme portant des idéologies que je n'ai pas.

Vu que je ne sais pas bien légalement quels sont les contours de "l'apologie du terrorisme", et que je n'ai pas spécialement envie d'en faire, il faudra bien que je ne prenne pas le risque de mes idées.

On dira que j'en fais un peu trop. Mouais. Ça je m'en fous.

Loi contre la cuisine à la maison

Il existe un problème en France qui a un besoin immédiat d'être régulé.

Les français cuisinent chez eux. Il est urgent d'interdire cette pratique dangereuse pour la santé publique, le patrimoine, et l'économie.

Une atteinte à la santé publique

Contrairement à la filière agro-alimentaire, ou aux filières de la restauration (rapide ou normale), les cuisiniers amateurs, pratiquant la cuisine à domicile, avec des produits d'origine non tracée, ne sont soumis à aucune règle d'hygiène.

Il est important de se rappeler que ces personnes, pirates culinaires comme on le verra plus tard, mettent à disposition de groupes nombreux (familles, amis), des produits dont l'incidence sur la santé n'est pas forcément nulle.

Ils peuvent par exemple mener à des épidémies de E. Coli (colibacille), de staphylocoques, ou peuvent avoir une influence à plus ou moins long terme.

La nourriture joue une place dans la santé, apportant de façon régulière différents éléments d'ordinaire qualifiés dans des produits dit "dispositif médicaux", comme le magnésium, le fer, le calcium, et différents oligo-éléments.

Voila pourquoi il est important de ne plus laisser s'installer une zone de "non droit" dans nos cuisines.

Une atteinte à l'économie

Ainsi qu'il l'est rappelé régulièrement, ce sont les entreprises qui font la richesse de la France.

La conception de repas à domicile porte atteinte directement aux métiers de la restauration et de la transformation alimentaire.

Chaque année, les restaurants et entreprises de la transformation alimentaire constatent un manque à gagner important lié à une importante frange de la population qui n'achète pas leurs produits, pour reproduire des plats identiques au sein de leur domicile.

Cet argent sert à alimenter des filières secondaires comme les maraichers maghrébins et les épiciers arabes. Qui ne nous dit que cela n'alimente pas en plus les filières terroristes ou le crime organisé ?

Tout cet argent qui ne va pas aux entreprises contribue par ailleurs à l'appauvrissement des filières des métiers de l'alimentation, contribuant de ce fait à la hausse du chômage en France.

Qui plus est, chaque recette est une oeuvre unique qui mériterait pleinement d'être couverte par la propriété intellectuelle en France, et on constate pourtant que bien des gens, chez eux, reproduisent des produits à l'identique, comme par exemple la purée, qui est pourtant le produit ayant fait la réputation de Joël Robuchon, patrimoine national.

Que dire également des gens qui reproduisent sans scrupules le fruit d'heures de travail de grands noms comme Trois Gros, Loiseau, Pic, Anton, etc... ? Sans parler des produits iconiques comme le Big Mac, le Mocha Latte, etc.

A l'heure où les autres industries de la propriété intellectuelle reçoivent l'appui du gouvernement pour protéger leur patrimoine, luttant efficacement contre le piratage informatique et la contrefaçon, il faut bien constater que ces mêmes délits sont pratiqués en toute impunité chaque jour par des millions de Français.

Une atteinte au patrimoine

Rappelons nous que sous l'élan du messianique Nicolas Sarkozy, depuis le 16 Novembre 2010, le repas gastronomique des français fait partie du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, protégé par l'UNESCO.

Comment, nous Français, à l'origine de ce cadeau à l'humanité, ne saurions nous pas en être responsable ?

Il est crucial que ce patrimoine soit géré comme tout patrimoine de l'humanité, avec un dispositif étatique garantissant que des préparations professionnelles comme la Poule au Pot (qui a sa place même dans notre histoire), ne soient jamais détériorées par des prestations d'amateurs.

Si le problème ne vous semble pas flagrant, alors que penser de la réaction des protecteurs du patrimoine niçois, comme Remembrança nissarda face à cette agression manifeste au patrimoine faite au sein de l'émission Master Chef, programme de propagande incitant les français à cuisiner chez eux. 

Comment pouvons nous consacrer l'identité française si, avec le temps et les pratiques, la population ne sait plus s'il y a ou non des lardons dans le Gratin Dauphinois ? Des légumes cuits dans la salade Niçoise ? Ce qui différencie la Soupe au Pistou du Minestrone ?

Prenons garde, en ne maitrisant pas bien le périmètre de l'identité culinaire française, cette identité peut se voir, comme avec le Minestrone, perdue dans des identités voisines.

Les propositions

Revalorisation de la filière des ustensiles

Aujourd'hui, des entreprises françaises comme Seb ou Moulinex ou Peugot sont en difficulté, car elles doivent lutter sur le marché des ustensiles pour particulier face à l'import chinois.

L'interdiction de la revente d'ustensiles de cuisine aux particuliers sur le territoire Français permettrait à ces entreprises de revaloriser leur offre sur le marché professionnel, en fournissant aux professionnels des outils de qualité, et en travaillant à agrandir leur offre afin d'offrir des machines de transformation issues de leur savoir faire reconnu dans le monde entier.

C'est également la garantie de ne plus avoir d'incidents dans les cuisines de particuliers liés à l'utilisation de produits de qualité moindre, cassants, imprécis, fragiles, peu efficaces.

Interdiction de la vente de matière premières aux particuliers

Dans un premier temps, la loi prévoira la disparition des marchés.

Il s'agit en effet de lieux dangereux, sur lesquels sont vendus et achetés des produits pour lesquels il est pratiquement impossible aujourd'hui de suivre la filière de qualité complète.

La libération de l'espace public, souvent gracieusement alloué, permettra de récupérer des ressources qui seront allouées à d'autres actions pouvant améliorer le budget des municipalités.

Dans un second temps, sera interdite toute vente de matière première alimentaire. Cela passera par la disparition des services spécialisés dans la délivrance de matières premières que cela soit en entreprise artisanale (boucher, maraicher, etc) ou en supermarché.

Les métiers associés ne disparaitraient pas, ils seraient intégrés à des filières de transformations innovantes et à la pointe, propulsant ainsi la France dans une position de leader mondial de l'agro-alimentaire.

Cela passera aussi par la transformation de certaines entreprises : ceux qui sont aujourd'hui bouchers/charcutiers/traiteurs ne seront par exemple pas fortement impacté par la disparition de leur activité à plus faible valeur ajoutée (la revente) au profit des autres activités. 

Elargissement des responsabilités de l'INPI et bourse à la propriété

L'Institut National pour la Propriété Intellectuelle (INPI) verra son effectif augmenté pour répondre à l'exigence d'accepter dorénavant plus facilement les recettes de cuisine comme propriété intellectuelle.

Cela permettra de

  • Développer l'innovation culinaire en France
  • Protéger certaines recettes, par exemple, les producteurs de reblochon en étant à l'origine pourront déposer un un droit d'auteur sur la tartiflette

Par ailleurs, afin de créer un patrimoine intellectuel consolidé, une bourse sera ouverte, permettant de déposer des recettes même en cas d'existence d'une anteriorité.

Création d'une haute autorité de la transformation alimentaire (HATA) 

Afin de s'assurer :

  • Du respect du patrimoine
  • Du respect de la propriété intellectuelle culinaire
  • Du respect de l'hygiène et de la santé publique

une Haute Autorité administrative sera créée.

Elle aura pouvoir à mettre en place l'ensemble des moyens nécessaires à s'assurer de sa mission. En particulier, elle sera amenée dans un premier temps à installer des dispositifs dans tous les foyers, permettant de vérifier qu'aucune cuisine clandestine n'a lieu. 

La transformation de la société

Notre nation doit vivre avec son temps.

Bien sur, les oppositions à ce projet seront initialement nombreuses. Mais les Français étant de plus en plus inquiets vis à vis de leur alimentation (Dioxines, bactéries, prions, graisses mono insaturées, etc), il faudra les amener à comprendre qu'il va de leur intérêt de déléguer une activité dangereuse pour tous à des professionnels.

Par ailleurs, la France a déjà montré qu'elle savait évoluer avec son temps.

Par exemple, l'alcool au volant était, dans les années 1970, considéré comme une circonstance atténuante en cas d'accident.

Si les Français ont su évoluer face aux dangers que pose l'alcool, il semble plausible de leur faire comprendre les dangers de la cuisine clandestine.

Cela passera par l'éducation et des campagnes de prévention, mais à terme, nous aurons la garantie que les Français seront en sécurité chez eux, et que leurs familles et amis ne seront pas mis en risque par des pratiques dangereuses et malhonnêtes.

Rage quit

Ceci n'est pas une lettre de suicide, merci public tu peux souffler. Mais oui, je songe de plus en plus à un "rage quit".

Un peu de contexte

Le contexte médical

Bon, alors voilà où nous en sommes : personne ne sait ce qui se passe, et même si on savait on n'aurait aucune garantie de pouvoir le guérir. Alors mon bon monsieur, à mon avis c'est dans votre tête, mais même dans ce cas là, vous pourriez ne pas être capable d'accepter d'arrêter de souffrir.

Alors, pour vous faire plaisir, on vous programme deux séances bien trippantes de Special K (ça fait partie des drogues qu'on a le droit de prescrire), et après soyez gentil, foutez nous la paix. Votre douleur, démerdez vous avec, essayer de vous soigner ne sert à rien.

Pour les psychiatres que j'ai pu croiser sur Lyon (Brigitte, tu me manques, je te kiffe, big love), je suis un hystérique pratiquant l'auto-flagellation pour me pardonner mes échecs dus à un excès d'exigence vis à vis de moi même. Ou alors je n'ai pas assez enculé mon père, comprenez, c'est l’œdipe. 

La bonne nouvelle ? Une médecin conseil de la sécu (et toi aussi je te kiffe, t'étais adorable) concède que je ne suis pas un fraudeur et donc je vais avoir le droit à une pension d'invalidité. Ca ne va pas franchement diminuer considérablement mon temps de travail (on verra après pourquoi), mais grosso merdo, ça fait que je pourrai poser des arrêts maladie quand je suis "normalement malade", comme tout le monde, sans que ça n'empêche la Sécu de me verser des indemnités pendant des mois à cause d'une erreur de saisie. Systématique, l'erreur de saisie.

Le contexte familial

Parce que bon, voila, faut quand même faire rentrer un peu d'argent. Sur mon salaire on vit quand même à deux avec deux animaux de compagnie, et franchement avec moins de ressources ça serait pas franchement facile.

Ma compagne ne bosse pas ? Pas franchement de sa faute la pauvre. Ce petit bout de femme qui a sur mener 5 projets audio-visuels multimedia pour des géants du jeu vidéo pendant un événement international, qui est en train de se former toute seule à vitesse grand V à l'informatique, elle est, apparemment

  • Trop qualifiée pour un job alimentaire
  • Trop saltimbanque pour un métier sérieux (vous comprenez, l'audiovisuel, métiers d'artistes)
  • Pas assez qualifiée pour diriger un projet informatique, quand nos chers CP sont tellement compétents qu'il a fallu inventer le métier de Project Management Officer pour s'assurer qu'il arrivaient bien à rentrer leurs tableaux de chiffres, et qu'ils essaient d'utiliser des Gantt plutôt que des tableaux Excel

Alors là aussi, on pousse, on tire, elle essaie de trouver une alternance et se heurte aux mêmes écueils (comprenez, on prend des alternants, mais ce serait bien qu'ils soient déjà autonomes en administration réseau parce qu'ils vont être amenés à bosser seuls), et quand elle n'est pas en train de chercher, elle se forme, et je repasse derrière pour m'assurer qu'elle n'est pas formée à la vite par un powerpoint et une vidéo.

Mais bon, du coup, en attendant faut bien que bibi ramène de la bouffe à mettre dans les assiettes et les gamelles.

Le contexte professionnel

Ca va me faire mal au cul de le dire, mais dans l'ensemble pour l'instant ça se passe plutôt très bien avec ma SSII mon ESN (faut dire comme ça maintenant, sinon on se fait reprendre).

Mais bon, je me suis déjà fait sortir d'une première mission, entre autres parce que comprendre que je ne suis pas capable d'infaillibilité en étant en douleur permanente ça n'a pas l'air de rentrer dans certains crânes. Et un jeudi soir, ça pardonne pas une faute d'inattention, parce que le vendredi quand je suis en congés maladie, c'est le pointage du doigt assuré.

Bref, en plus de faire mon travail, j'ai une pression supplémentaire parce que les exigences ne sont, à mon avis, pas équitables, voire simplement pas tenables. Mais vous comprenez bien que c'est déjà bien sympa de faire bosser un handicapé et de l'intégrer à l'équipe, on ne vas pas le considérer comme tel dans son boulot hein ?

Non que je dise que ce soit systématiquement vrai, il suffira que ce soit vrai deux ou trois fois pour que la pérennité de mon poste soit engagée.

Et du coup ?

"Apporter sa contribution à la société et être un bon citoyen"... C'est un jeu intéressant, sans doute un des plus enrichissants et passionnants du monde, mais wah... Quand le jeu devient injouable, déséquilibré, trop difficile, le rage quit s'impose.

Sauf que c'est dans ces moments là que je ne fais pas comme tout le monde.

Si les règles sont inamovibles, alors respectons les, et les règles, je les connais mieux que beaucoup de monde. Je sais comment elles sont conçues, j'en connais l'esprit et la lettre.

Mais s'il est vrai que ce qui fait briller un joueur d'échecs ou de go, c'est sa capacité à innover dans les règles, ou à les jouer, mieux, ou différemment, il est vrai aussi que tout jeu peu se jouer d'une façon différente de celle que tout le monde imagine.

Je suis le gars pas bon à Quake3 qui ne cherchera pas à faire le plus de points, mais qui vous attendra planqué derrière une colonne pour vous massacrer au corps à corps, parce que c'est fun.

J'ai été Leroy Jenkins avant Leroy Jenkins. Je suis le gars avec qui vous avez joué à Guild Wars, et qui s'est jeté dans un tas d'ennemis avec un mage en hurlant "Montjoie, St Genis, que trépasse si je faiblis !". Parce que c'est fun.

Je suis le débutant qui arrive dans un jeu de rôles bien huilé et qui devient, tout faible qu'il est, l'ennemi juré à abattre sans qu'on n'y arrive jamais.

Alors je suis un affabulateur incapable de travailler correctement et qui profite du système ? Ok, bring it on, si je ne peux pas changer cette image, je vous prends au mot. Et je vais changer radicalement ma façon de jouer. Je ne jouerai plus en collaboration, dorénavant, ce qui comptera, c'est que j'y trouve mon plaisir.

Je vais apporter ma contribution, je vais continuer à jouer, mais à ma façon, et vous savez quoi ? On m'a tellement dit et rabâché que j'étais marginal, différent, inadapté, que je vais porter cela comme un étendard.

Petit à petit, étape par étape, je suis en train de mettre en place une nouvelle façon de jouer. Ma façon de jouer. Qui n'enlèvera rien à qui que ce soit, voire même qui pourra pimenter le jeu d'autres joueurs.

Et ce qu'en pense les autres joueurs ? La société ?

Je respecte les règles, et je ne lèse personne. Ils iront se faire foutre.

Le handicap c'est comme...

Un gros bébé moche que tu tiens dans les bras.

C'est ton bébé, tu sais que tu vas être obligé de le supporter toute ta vie. Tu ne peux pas le poser, le laisser sans surveillance.

Il t'occupe les mains, t'empêche d'aller partout où tu veux.

Et les gens te regardent et disent ce qu'ils pense qu'il faut dire, pas ce qu'ils ont au fond du coeur.

Et à vrai dire tout le monde s'en fout : c'est ton problème, assume

(bon, en vrai, il y a des aides, mais ça parait tellement à la marge des fois...)

Accéder à son lieu de travail

Bon, là ça me tue, alors je vais ventiler.

Ce matin, je prends le bus pour aller à NouveauBoulot. Ce qu'il faut savoir, c'est que NouveauBoulot dispose de tous nouveaux locaux vendus comme "accessibles" à l'embauche. Et en effet : arrêt de bus à proximité, ascenseurs, rampes d'accès, poignées de porte à hauteur de fauteuil, beaucoup de choses ont été pensées.

Mais pas toutes.

A vrai dire, ce qui m'arrive n'est même pas vraiment la faute de NouveauBoulot, mais dans mon cas, le bât blesse.

Il y a un arrêt en face de la porte d'entrée des locaux. Bon point. Un bus passe toutes les 10 mns entre grosse modo 7h et 10h du mat, puis de 16h à 20h.

Problème numéro 1 : à l'arrêt de bus, nulle part ou s'assoir. Si le bus avait des horaires réguliers, ce serait à la limite peu problématique, mais du fait de la typologie des routes dans le coin, il peut avoir de l'avance comme du retard. Alors il faut attendre. Oui, debout. On est à la limite du tolérable mais admettons.

Problème numéro 2, la faille critique, arrivé ce matin.

Je prends mon bus, et le chauffeur, arrivé à un arrêt, sans se démonter, nous informe qu'il n'ira pas plus loin, à cause de la neige. En temps normal, cet arrêt se trouve à 20mn à pied de NouveauBoulot, pour une personne valide. Certains jours, pour moi, ça tient de l'impossible.

Vous allez me dire, il reste deux arrêts pour rentrer et pour demain. Hahahaha. Non.

  • Ligne 21 circule uniquemnt entre GARE DE VAISE et LA GABRIELLE
  • Ligne 61 circule uniquement entre GARE DE VAISE et LA GABRIELLE

Ah. Je veux pas être méchant, mais LA GABRIELLE, google maps met ça à 12mn de marche. En temps normal. Pour une personne valide. Ma chère et tendre peut vous informer de ce que ça peut signifier pour moi 12mn de marche : un marathon impossible qui épuise toutes mes ressources et me laisse le coeur au bord des lèvres.

La bonne nouvelle, c'est que si je ne peux pas accéder aux locaux, NouveauBoulot ne peut a priori pas y faire grand chose, pas même rompre ma période d'essai, vu que ce serait une discrimination. Par contre ils ont le droit de ne pas me payer si je ne viens pas a priori. Eh oui.

En espérant trouver une solution à cette chienlit...

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